I. Isaïe, III, i6-a
IIISTOIIIK nu COSTIIMK
Iracluit les scnlimenls cl les [)assions ; il est expressif comme le geste lui-même et rend le geste drapé plus élorpient que le geste nu. Passé sous le bras, rejeté sur l’épaule, attaché par une agrafe ou relevé par une ceinture..., il marque toujours les grandes lignes et les proportions essentielles du corps. 11 a l’élégance sincère et superbe des choses naturelles'. » Suivant le genre ou l’ornementation du tissu cl la manière de le disposer, ce vêtement se|irêlail à subir des transformations qu’on observe sur les ouvrages de sculpture et les dessins des va.ses. Simplement replié autour du corps, il conslituail Vltimalion ou manteau ; retenu sous le cou par une broche, il prenait le nom de chlanndc ; enlin, rattaché sur une épaule par une agrafe et sur les reins par une ceinture, c’était le péplos des femmes. La première complication fut de distinguer le vêtement de dessous et le vêtement de dessus Le costume des femmes grecques comprenait le cltilon ou chemise courte, une tuuicjue longue et un himation recouvrant le tout. L’ensemble, gracieux et sévère, était excellemment propre à draper le corps et à le parer sans le mannequiner ou le cacher.
Le type classique du vêtement romain fut la tope, attribut et privilège des citoyens. liomnnas cl lopnliis ô[mcï\\, termes synonymes, car un étranger n’avait pas le droit de ])ortcr la toge cl un romain devait la quitter lorsqu’il perdait le droit de cité. Ce vêlement prit sous Auguste, par l’ampleur cl le jet de scs draperies, une grandeur majestueuse ([ui en fit le costume le plus sculptural que les hommes aient jamais porté. Mais la loge, que tant de statues gréco-romaines nous font connaître, était un habillement aristocratique, salissant par sa coideur blanche, coûteux et (lillicilc à bien porter à raison de ses dimensions qui employaient jusqu’à six aunes d’éloll’e. l'dlc n’était imposante (pic sur l’épaule des patriciens. La toge des citoyens pauvres, élritjuéc, sordide et de couleur sondjre, compromettait souvent la dignité des maîtres du monde, et Auguste, oll'usqué de la
I. llcuzcj. Coursa l’école des Beaux-Arts. Compte rendu dans Débuts, a 5 novembre i8g4.
a, ’Evoupata, è7;[6XTj|j.aTa des Grecs, amictus et inductus des Latins.
ÉVOLUTION GÉNÉRALE DU COSTUME
livrée misérable que la plèbe étalait dans les rues de Rome, lui appliquait avec une cruelle et méprisante ironie, le vers de
Virgile :
« Romanos rerum dominos gentemque togalam ‘ ! »
La mise des esclaves, qui n’avaient pas droit a la toge, était bien plus lamentable. Caton, qui j^uraît avoir poussé 1 esprit d’économie jusqu’à la férocité, veut qu’on leur donne à chacun,
« tous les deux ans », une tunirpie de trois pieds de long et des saies. Et ce vieux grigou recommande encore, lorsqu’on leur distribuera de nouveaux vêtements, d’aAmir soin de reprendre les anciens, « bons à l'aire des casaques* » !
Superbe au point de vue esthétique, mais incommode à l’usage parce qu’elle offrait une large prise au vent, traînait à terre, ramassait la poussière ou la houe et défendait mal contre le froid, la toge classique ne convenait guère comme vêtement habituel. Aussi n’était-ce qu’une sorte de costume d’apparat, un habit de cérémonie f|u’on revêtait dans les occasions solennelles. On le quittait à la guerre, à table, au travail. On adoptait alors une petite tenue, plus propre à l’action. La pænuln, sorte de tunique sans manches, fermée par derrière, avec une ouverture pour passer la tête, avait quelque analogie avec la chasuble des prêtres catlioliques et le poncho des Américains du Sud. La Irabée, manteau de guerre, et le sagiim constituaient également des surtouts. On vit même, sous les empereurs, s’introduire des costumes ajustés, d’importation étrangère, et la toge ne fut plus portée que par les fonctionnaires, les candidats et les orateurs. Ceux-ci, pour lesquels la pose et l’action étaient une part de l’éloquence, s’appliquaient à draper leur toge avec art pour produire plus d’effet à la tribune, et Quinlilien ne néglige pas de leur donner des instructions détaillées à ce sujet". Les plus attentifs avaient soin de préparer dès la veille, sur des moules en bois, à l'aide d’agrafes, les plis