‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 152 sur 232 · I. « l’udor ülolatus » (^lijiigr., i, 3G · texte numérisé non relu

I. « l’udor ülolatus » (^lijiigr., i, 3G

ÉAmXJTION GÉNÉRALE DU COSTUME

devenir ajusté. La tunique grecque et romaine était sans manches pour les hommes et devait laisser le bras nu pour 1 action. Seules les femmes, par modestie, portaient des manches longues, ainsique le montre la statue de matrone dite la Pudicilé. Les femmes germaines avaient au contraire les bras nus ; mais la sévérité des lois les protégeait contre d’indiscrètes familiarités. Un article de la Loi salique punit l’attouchement au bras d’une femme libre d’une amende de 35 sous d or (3 i5o francs de notre monnaie), autant que le vol d’un bœuf et deux fois plus que le viol d’une serve. Les Romains du temps d’A.uguste n’auraient pas osé porter de tuniques à manches, et, dans Virgile, celles des Troyens leur sont reprochées comme un vêtement elléminé*. Mais, sous Constantin, les hommes commencèrent à imiter les femmes, et leurs manches, d’abord ébauchées jusque vers le coude, s’allongèrent ensuite jusqu’au poignet. Le costume, en France, est alors mi-gaulois et mi-romain. La saie indigène, que représente encore notre blouse populaire et qu’adoptaient déjà quelques Romains sous les Césars (l’empereur Antonin, pour l’avoir portée, lui dut son surnom de Caracalla ^), la toge gallo-romaine et la tunique à manches des Francs formèrent les éléments du costume. Il semble que, sous la domination impériale, la Gaule ait joui d’une certaine aisance en fait de vêlements, car Ammien Marcellin signale comme un trait particulier que « les Gaulois sont universellement propres et soigneux de leur personne. On ne voit qui que ce soit, homme ou femme, en ce pays, en Aquitaine surtout, porter des vêtements sales ou déchirés, rencontre si commune partout ailleurs’. »

Durant tout le moyen âge, la tradition antique des habits longs se maintint avec des modifications diverses. La soutane des prêtres catholiques, la robe des moines, celle des magistrats, des gens de loi (robins) et des professeurs, rappellent encore les habillements communs des xii“ et xiiC siècles. Il n’en

1. Enéide, IX, 6i6 ; v. aussi Anlu-Gelle, Vit, la ; Cicéron, Catil., ii, 10 ; Suétone, Caligula, 5a.

a. Aurélius Victor, Vit. Cæs., ai.

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