Lintcum indnsium, tnnica intorior lintoa
Histoire spécule ou costume moderne
Saint-Gall donne de son costume : « EnGn venait une chemise de toile très fine. » Un Compte de la maison du roi mentionne que, en 1202, la toile pour faire les chemises des plus hautes dames coûtait i sou 8 deniers*. Ces tuniques de dessous, dont l’agrément devait surtout être apprécié dans les climats chauds, lurent en vogue dans le Midi de la France, ^dusieurs siècles avant de l’ètre dans le Nord. On lit dans la Chronique de Geoffroi du Yigeois, à la date de 1178, ce détail caractéristique ; « Eu cette année, la disette de lin se fit fortement sentir. Une chemise qu’on payait ordinairement 9 deniers, se vendait 2 sous /| deniers. » Commune dès le xiU siècle dans les pays de langue et de civilisation romanes, la chemise (chainse) se répandit peu après dans les provinces de langue française. Un fabliau du XIII siècle. Saint Pierre et te Jonijleiir , fait jouer et perdre par celui-ci, apres les âmes confiées à sa garde, jusqu’à la chemise qu’il a sur le corps, et, iiour qu’un jongleur eût une chemise, il fallait que presque personne n’en lut dépourvu. Mais ces chemises étaient rarement de lin. Les écrivains de la langue d’oïl ne parlent ordinairement que de chemises de serge. Isaheau de Bavière, femme dissolue, trouvant ces cilices trop durs, se fit fiiire deux chemises en toile line, faste scandaleux que les historiens du temps ne manquent pas de lui reprocher.
Dans le principe, et tant que les chemises furent un vêtement de piix, on voulait s en parer plus que les couvrir. On les quittait la nuit pour se mettre au lit, car les miniatures du -xiv» siècle montrent généralement nus les personnages couchés. Geux qui les portaient comme vêtement de jour les mettaient souvent, pour qu’on les vît mieux, non pas sous, mais sur les autres habits, coutume que rappellent encore les aubes et les surplis des prêtres catholiques. L’auteur du roman de Perce- Jbresl lait, dans un tournoi, distribuer par les dames, en guise de laveurs aux chevaliers, tous leurs ornements de toilette et jusqu’à leurs chcniLses : « Les dames étaient si dénuées de leurs atours, à la fin du tournoi, qu’elles étaient en pur chef (nu-tête) et leurs cottes sans manches, car tout avaient donné aux cheva-