‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 158 sur 232 · Vclly, Ilist. de France, t. Vit, p. ■jo · texte numérisé non relu

Vclly, Ilist. de France, t. Vit, p. ■jo

mSTOIUE DÜ COSTUME

liers j)our eux j)arer, cl guimpes el chaperons, uiaiileaux el canüces, manclics el habils ». Quelcpie enlhousiasmc (pic de beaux coups de lance pussent inspirer aux daines du xui° siècle, elles auraienl pcul-êlre éprouvé un peu d’enibarras à ôlcr el olVrir ainsi leurs chemises en public si on les avait alors portées comme nousliiisons rnainlenanl. Lorsque, ensuite, l’usage prcvaluld’en laircun vêlement de dessous, on eut soin, afin de ne pas les cacher entièrement, de ménager dans la colle des ouvertures par où il était possible de les apercevoir, comme nous laissons encore à découvert nos plastrons. D’autres l’emmcs, plus hardies, firent fendre la chemise même, alin qu’on pût entrevoir, outre la blancheur de la toile, celle de la peau. Les [irédicateurs du temps, qui tonuenl contre ces lacunes indiscrètes du vêlement, claicnl fondés à les a[)peler des « fenêtres de l’enfer' ».

,\ la fin du xvr siècle, l’usage de [lorler des chemises était assez répandu, mais non général, car Montaigne nous dit qu il s’en passerait (( malaisément- », ce qui .semble indiquer (pi’elles ne paraissaient pas aussi indispensables a tous. Ln loq'i, Henri 1\ , occupé à conquérir son royaume, se trouvait, rapporte l’Esloile, réduit à une douzaine de chemises, dont plusieurs déchirées". Le luxe des chemises devait être moins commun encore en Angleterre à la même époque, au témoignage de Shakspeare, car, dans son drame de Henri 1\ , FalstalV, charge de lever une compagnie de recrues, ne constata, a leur inspection, qu’ « une chemise el demie » pour cent cimiuanle hommes, (c Encore, ajoute-t-il, la moitié de chemise se comp()se de deux serviettes cousues ensemble, sans' manches, el jetées sur les épaules comme le pourpoint d’un héraut d armes. Quant à la chemise entière, elle paraît être le produit d’un voH. » L’usage des chemises est devenu si général parmi les peuples civilisés, dans toutes les classes, que le fait de n’en pas porter

marque maintenant le plus bas degré de la misère. Mais, poulies non civilisés, ce vêtement est encore un objet de grand luxe.

I. Quiclierat, Ilist. du costume en France, p. i85. a. Essais, lit, i3.

?,. .fouinai de l'Estoile, (> février iSg.'i.

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