Henri IV, 1" partie, -V. iv, sc. a
HISTOIUE SPÉCIALE DU COSTUME AIODERNE
Dans la relalion de son voyage au Nyanza, Livingstone dit que les nègres vendent leurs enfants, leur sœur et leur mère pour une chemise. Les chefs de rintérieur font de ce vêtement rare et de si haute distinction un symbole de la royauté. Ilabilléd’unechemise, le sauvage, jusque-là nu, a conscience de s’être élevé sur l’échelle du progrès. En vue de ce cadeau qui le tente, il se laisse volontiers catéchiser et baptiser, tout prêta renouveler le sacrement autant de fois qu’il en trouve l’occasion.
En 1900, on estimait à plus de 200 millions de francs la confection des articles de chemiserie et de lingerie en France, dont /|0 millions pour l’exportation'. Mais cette somme est loin de représenter un total exact, parce que la plupart de ces articles, de fabrication courante, sont faits par des ouvrières à la journée ou même en Vnénage.
L’usage commun des bas est aussi de date récente. Los anciens, comme de nos jours les .\rabes, avalent en général les jambes mies, et la coutume était de les laver fréquemment. Cependant, on les couvrait quelquefois. Cicéron^ et Lampride" parlent d’une pièce de vêtement qui enveloppait le piedet qu’on portait avec des souliers. Le premier l’attribue plus spécialement aux léinnies L Une peinture de Pompéi représente une femme chaussée d’un tissu parfaitement adapté et en apparence à mailles". Dans le Difjesle, il est question de bas sous le nom de fascia pediüis'^, terme en partie conservé dans l’italien pédalé, ce qui semble indiquer une transmission continue. Dès le commencement du moyen âge, l’habitude se perdit pour les vœyageurs de se laver les pieds après une longue marche, et l’usage s’établit, dans les pays froids, de couvrir le bas des jambes de tibiales ou de calajes en tissu de laine ou de lin. La religieuse Bandovine, écrivant la vie de sainte Radegonde, dit que la jiieuse reine se fit un
1. Julien llajem et Mortier, Rapporl du jury internalioual de l exposition universelle de 1900. « Industries diverses du vêtement. »