llicli, Dictionn. d'anlifj., v. Fascia
G. Ulpien, XXXIV, 2, g 25.
HISTOIRE DU COSTUME
jour, par esprit criiuinilité, des manclielles avec ses caliges. On conserve, dans l’cglise de Délcmonl, un bas en toile de saint Germain, qui date du vu" siècle
Néanmoins, jusqu’à la Renaissance, on ne connut que des chausses taillées et cousues, en drap ou en serge, confectionnées par les chausseliers et qui servaient à couviir le bas des jambes. Rabelais, décrivant dans son abbaye de Tbélème le costume idéal des hommes de classe supérieure, ne fait encore aucune mention de bas tricotes. La pratique du tricot qui, ainsi que nous l’avons vu, se répandit au xvi' siècle, fit remplacer les chausses d’étolTe par des bas, chaussettes et chaussons à mailles, dont on apprécia vite les avantages parce que, élastiques et sans couture, ils prenaient exactement la forme du pied et n’incommodaient pas dans la chaussure. Ces vêtements furent d’abord un grand luxe. On les faisait en soie, afin que la richesse de la matière fut digne de la rareté du travail. Les historiens notent leur apparition à titre de fait curieux et mémorable. On voit alors les princes s’envoyer en cadeau des paires de bas et les étaler dans des fêtes. Henri 111 se para, le premier en France, de bas de soie aux noces de sa sœur. En .Angleterre, la reine Elisabeth n’en mettait que les jours de grande cérémonie. Les annalistes espagnols racontent que la femme de Lopez de Padilla, voulant faire un présent agréable à l’bilijipe II, alors dans les Flandres, lui envoya une paire de bas de soie. Un demi-siècle plus tard, Laffemas n’évaluait pas à moins de 5o ooo les personnes qui, en France seulement, portaient des bas de soie Ces bas, plus somptueux que confortables, ne tenaient pas chaud l’hiver. Les frileux en mettaient plusieurs paires l’une sur l’autre. Il arrivait à Malherbe, poète un peu refroidi, d’en superposer un si grand nombre que, pour ne pas en mettre à une jambe plus qu’à une autre, il dut, sur le conseil de Racan, faire marquer ses paires de bas aux diverses lettres de l’alphabet, afin de les chausser dans l’ordre indiqué. Le lendemain, il dit à Racan : « J’en ai dans l’L », soit onze paires \