Lampride, Alexandrc-Sévère, (\o
l\. V. Ricli, Dictionn. d'antiquités, v. miles braccalus.
mSTOIRE DU COSTUME
celui des Pantalons, où la culotte ne faisait qu’un avec le bas'. Au siècle suivant, le ])anlalon, popularisé par un des acteurs de la comédie italienne, qui faisait personnage de Pantalon, était porté comme costume de fantaisie dans les ballets, et les Mémoires nous montrent le cardinal de JUcliclieu dansant, en pantalon de velours vert, avec des sonnettes d’argent aux genoux, une sarabande en présence d’Anne d’Autriche’. Néanmoins, le pantalon actuel, tombant jusque sur le ])ied, au lieu de s arrêter au genou, comme la culotte de l’ancien régime, est une importation américaine duc à l’ ranklin. En 1788, l’envoyé des Etats-Unis osa paraître à Versailles dans sa tenue de planteur, et l’engouement dont il fut l’objet devint l’occa.sion d’un changement de modes rendu d’ailleurs inévitable par l’imminence d’une révolution qui, bouleversant toutes choses, devait renouveler aussi la forme des vêtements.
De nos jours, l’usage des pantalons est de rigueur chez tous les peuples civilisés. Seuls, en Europe, les Écossais se sont montrés longtemps réfractaires. Par politique autant que par pruderie, la pudibonde Angleterre essaya bien de les ranger d’autorité à une tenue exigée par les convenances; on cite, en date de 1 746, un édit de Georges II, qui, pour mater les rebelles higbianders, leur intimait, sous peine d’amende, l’obligation déporter l’indispensable vêtement pour lequel la langue anglaise a créé de vagues circonlocutions (« inexprimables »; le mot propre, imprudemment prononcé, ferait évanouir une anglaise). Les moins récalcitrants des montagnards se résignèrent bien, dit l’histoire, à porter, selon la lettre de l’édit, le vêtement impo.sé, mais ce fut sur l’épaule, au bout d’un bâton. Plus récemment, même aventure est arrivée au Mexique où les porteurs de pantalons, qui seuls ont droit à la qualification de pente decente, jouissent de quelques avantages refusés aux sans-culottes. Dans l’intérêt de la décence publique, de l’égalité civile et des magasins de confection, plusieurs États ont voulu exiger des Indiens le port du vêtement privilégié. Mais tous n’ont pas le moyen
I. Poullain de Sainl-Foix, Essais sur Paris, LCuvres, t. IV, p. nV