Annales, \III
patriciens exigeait que la jeune fille eût la tète couverte d’un voile, et telle serait, selon Festus, la signification du mot noces (nnpliæ a niibere)', formalité dont le symbole s’est perpétué jusqu’à nous.
Le christianisme naissant fit du voile une obligation de modestie pour les femmes. « Toute femme qui prie, dit saint Paul, sans avoir la tète couverte d’un voile, déshonore sa tète*^. » Tertullien, non moins sévère, déclare que « toute vierge qui se montre s’expose à ne l’ètre plus; elle a cessé d’être vierge^ ». A l’époque carlovingienne, les reglements des conciles imposaient aux femmes l’obligation de ne se présenter à la communion et même de n’entrer dans les églises que voilées. Maintenant encore, à Rome, pendant les cérémonies de la semaine sainte, les femmes ne sont admises dans la chapelle Sixtine que la tête couverte d’un voile. Le catholicisme a maintenu pour les religieuses cloîtrées l’obligation de cacher leurs traits, car, en prononçant des vœux, elles étaient censées devenir les épouses du Seigneur, et l’expression « prendre le voile » est devenue pour elles synonyme d’entrer dans la vie monastique.
Le voile ou plutôt la voilette n’est plus guère qu’un ornement pour les femmes de nos jours, émancipées par la civilisation ; mais, dans les pays musulmans, la tyrannie des mœurs polygames continue d’imposer avec rigueur l’obligation de ne sortir que voilées. Les Turques de Constantinople, perverties par l’exemple des chrétiennes et désireuses de jouir des mêmes franchises, ont bien eu récemment la velléité de rejeter la gêne du voile ; mais un arrêté du gouvernement lésa rappelées aux convenances avec ces considérants : « Attendu que, de par la loi du Chéri, le voile est imposé aux femmes musulmanes et que l’obligation de le porterest absolue ; — attendu néanmoins que bon nombre de femmes n’observent pas celle prescription dans leuis courses en ville et a travers les bazars, ainsi que dans les beux de promenade ; — attendu qu’il a été constaté qu’elles se
f). Fcslus, V. nupliæ.
a. Corinthiens, I, xi, 5.