Exode, XII
mSTOlUE SPÉCIALE DU GOSTU.ME MODERNE
consei'vé riiabilude de s’entourer le corps d’une bande d’étoffe serrant la taille. Les Grecs et les Romains portaient aussi des ceintures, et la manière de l’attacher avait la valeur d’un indice psychologique, car, suivant qu’elle était serrée ou relâchée, elle donnait à la tenue un air correct ou débraillé. Sylla, bon obser-
vateur et tyran soupçonneux, se méfiait avec raison de la négligence affectée du jeune César qui portail sa ceinture lâche. La ceinture devint aussi, sous le nom de ceinturon (cinctoriwn des légionnaires romains), une pièce de l’équi^iemenl des soldats. Chez les Gaulois, la « ceintured’agilité » constituait une épreuve que les guerriers devaient subir chaque année, à l’appel du pi intemps, et ceux dont I obésité, contraire à l’ordonnance, n était pas contenue dans la mesure réglementaire, devaient payer l’amende, comme moins propres au service.
Plus artistes, les l'emmes surent faire de bonne heure un ajustement de la ceinture. Homère a célébré celle de N énus, que Junon lui emprunte pour se rendre irrésistible jirès de Jupiter '. Chez les Romains, la ceinture des jeunes filles symbole
de lem \iiginite, était attachée autour des hanches et ne devait être dénouée que par l’époux, d’où l’expression « dénouer la ceinture )) (zonani solvcrc)^ était synonyme d’inaugurer la vie conjugale. La ceinture des femmes mariées (cinyulu/n) sej plaçait au contraire sous les seins, mais elles devaient la quitter lorsqu’elles étaient en état de grossesse, ce dont témoigne encore le terme d’enceinte (in cincta) qui sert à les qualifier et signifie « sans ceinture ». En France, au xiii" siècle, la mode s’établit de porter des ceintures dorées. Malgré les prohibitions de saint Louis, les courtisanes x^oulurenl aussi s’en parer. IMutùl que de les partager avec elles, les honnêtes femmes aimèrent mieux y renoncer, et se consolèrent en formulant le beau proverbe :
« lionne renommée vaut mieux que ceinture dorée. »
Pour les anciens, comme pour les Orientaux de nos jours, la ceinture servait de récipient universel, car leur costume, aux c raperies larges et mobiles, ne comportait pas de poches dont adjonction aurait été plus incommode qu’utile. Aucun auteur