Arl d’aimer, III, i33-i
COIFrUUF.S
d’un goul. saugrenu cl ridicule » Les bnsles el les médaillés de celle époque nous oirrent les spécimens d’une foule de manières d’arranger les cheveux-. La mode changeait si vile que l’usage s’établit parmi les sculpteurs de mettre aux bustes des femmes des coiffures mobiles en marbre afin qu’elles pussent, même en effigie, suivre les variations de la mode et ne pas trop paraître dater. Pendant les iq ans du règne de Marc-Anrèle, l’impératrice Fausline est représentée, sur scs médailles, coiffée de quatre façons diflérentes.
Chez les Germains, on rasait la tète de la femme convaincue d’adultère^ afin de la punir dans ce qui lui était le plus cher. Les docteurs chrétiens, d’accord avec saint Paul, qui juge « ignominieux de soigner sa chevelure^ », auraient voulu décider les femmes à en faire le douloureux sacrifice. « Quel profit, leur demande Tertullien, croyez-vous tirer pour votre salut de tant de soins prodigués à votre coillure ? A quoi bon ce tourment perpétuel infligé à vos cheveux que vous lirez en bas, que vous lirez en haut, que vous couchez à plat? Tandis que les unes se plaisent à en former des frisures, les antres les lâchent avec une négligence alTcctée jionr qu’ils se promènent sur le cou et voltigent au vent'"’. » Saint Jérôme qualifie brutalement de « nids à vermine » la chevelure des femmes et les engage à les couper L Mais la dévotion pouvait difiicilement se hausser jnsf|u’à ce degré d’héroïsme.
Ou moment où les cheveux furent tenus pour un élément de beauté, les femmes crurent n’en avoir jamais assez et s’efforcèrent d’ajouter à cet avantage en se parant de cheveux d’emprunt. Cet artifice est fort ancien, et l’on usa de bonne heure de fausses tresses pour renforcer une chevelure toujours insuffisante au gré des coquettes. Les Romaines se coiffaient volontiers