‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 180 sur 232 · De cultii feminnriim · texte numérisé non relu

De cultii feminnriim

ü. Episl., g3.

lllSTOlUE nu^ COSTUME

de cheveux qui ne lenaienl pas à leur lèle, ainsi que le constate Ovide :

Fcmina procedit densissima crinibus emptis

.Tu vénal fait cacher par Messaline ses cheveux noirs sous une perruque blonde lorsqu’elle allait dans les lupanars de Rome assouvir ses fureurs lubriques^. Les ITomaines tiraient ces cheveux postiches de la Germanie, et leurs fournisseurs allaient s’en approvisionner jusque dans l’Inde. Le Digeste mentionne les capiUi indici parmi les articles soumis aux droits de douane

Les moralistes chrétiens des premiers siècles fulminent contre de pareils subterfuges. Terlullien reproche aux suivantes du Christ leurs faux cheveux : « 11 y a encore ces énormités que je ne sais de quel nom appeler, ces ouvrages cousus ou tissés en forme de chevelure, qui, tantôt se mettent comme un couvercle sur le crâne, tantôt se rejettent en arrière pour couvrir la nuque* », et il cherche à faire rougir les orgueilleuses patriciennes de se parer ainsi des dépouilles de leurs esclaves. Pour saint Clément d’Alexandrie, le fait de porter de faux cheveux constitue un péché des plus graves parce qu’ils « égarent la bénédiction du j)rètre, qui, tombant sur des cheveux morts, débâchés d’une autre tète, ne sait où se poser® ». D’autres objectent que ces cheveux, de provenance suspecte, ont peutêtre apj)artenu à des personnes qui maintenant sont en enfer... Lien n’y fit, et, malgré de si graves motifs de méfiance, les chrétiennes, au risque de compromettre leur salut, continuèrent de rechercher ces périlleux ornements.

La mode des faux cheveux reprit faveur à la Renaissance. Brantôme dit de Marguerite de Navarre, femme de Henri IV : « .le l’ay veue aussy s’habiller quelquefois avec ses cheveux naturels, sans y .ajouter aucun artifice de [)crnique... » ; mais, le plus souvent, elle se plaisait à porter « des perruques gentiment

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