Pédagogue, lit, xi
COIFFLRES
façonnées ». Les dames de nos joui's n ont point laisse peidie ces traditions. L’industrie des coilTeurs utilise en France, chaque année, environ iSoooo kilogrammes de cheveux qui proviennent, soit de pauvres filles amenées par le besoin à vendre leur chevelure, soit de femmes mortes à l’hôpital, auxquelles on les coupe, soit même de rebuts de toilette ramassés par les chiffonniers, et qui figurent pour 19000 kilogrammes dans le total. Enfin, on a mis en réquisition jusqu’aux queues des Chinois, « la chose la plus dégoûtante qui soit au monde », dit un voyageur. En 1881 , les relevés de douane constataient l’entrée de 2/1 9/18 kilogrammes de queues de' Chinois exportées de Shang-llaï (au prix de 3 francs le kilogramme) pour servir de parure aux élégantes d’Europe. Cette importation a sensiblement diminué. La Chine et le Japon ne nous fournissent plus aujourd’hui qu’une quantité de cheveux qui, suivant les années et les modes, peut varier de 8000 à 16000 kilogrammes'. Ces cheveux de toute origine sont transformés en chignons, tresses, nattes, bandeaux et perruques. 11 résulte de l’enquête, faite en 1860 sur les industries de Paris, que les coiffeurs vendaient alors pour 10 millions de postiches ''.
Non moins portés que les femmes à des expédients de toilette, les hommes ont aussi fait usage de perruques, comme coiffure décorative, lorsque la coutume était de se raser la tête, ou pour dissimuler une fâcheuse calvitie là où l’on portait communément des cheveux. En Egypte, les hommes de la classe supérieure mettaient, pour se défendre du soleil, des perruques qu’on voit déjà figurées sur des statues de l’ancien empire, et qu’on trouve, par tradition, reproduites sur les caisses des momies. On a exhumé des hypogées des spécimens de ces perruques habilement travaillées, et nos musées d’Europe en possèdent des collections^. Xénophon mentionne la perruque portée, selon la coutume des Mèdes, par le vieil Astyage et qui
1. Julien Hayem et A. Mortier, Rapport du jury international de l exposition universelle de igoo. « Industries diverses du vêtement. »