‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 183 sur 232 · Suétone, Othon, la · texte numérisé non relu

Suétone, Othon, la

COIFFURES

l’cnliince. Coquillaii se moque aussi, mais avec moins de raison, des perruques de laine que porlaienl les Italiens de son temps. Au xvi“ siècle, les vieilles gens dont le chef commençait à se dégarnir se couvraient la tète de petites calottes d’étofle qu’autorise encore le costume ecclésiastique. Sons Louis XIII, on s’avisa de border ces calottes de cheveux afin de faire un peu illusion. Puis on les en recouvrit entièrement, et la mode des perruques fut, selon les termes de leur historien, remise en honneur « par les chauves et les teigneux’ ». 11 nous décrit même le chanoine pcrriiqiiel prêchant, avec un tour de cheveux d’emprunt, contre le luxe des perruques. L’artifice de ces pièces montées, dont l’ordre et l’arrangement dépassaient les elTets de nature, parut admirable, cl les élégants en A'oulurenl porter, alors même qu’ils auraient pu s'en passer. Le goût majestueusement ridicule de Louis XIY pour cette pompeuse coiffure a déteint sur tout son règne et le gâte un peu. En i656, il avait été créé /|8 charges de « perruquiers suivant la cour », et 200 pour le service du public. Mais ce nombre devint bientôt insuffisant, et, en 1G73, il fallut le doubler. L’ordonnance publiée à ce sujet dit avec une gravité comique : « L’usage des perruques ne contribuant pas moins à l’ornement de l’homme qu’à sa santé, nous avons créé des lettres de maîtrise dans toutes les villes du royaume, afin que le public fût mieux servi » On lit dans les Mémoires du marrpiis de Sourches le récit des anxiétés qu’eut à subir un ambassadeur vénitien envoyé à Versailles. Le malheureux, qui était chauve cl devait se présenter en grand apparat dans une cour où tout le monde était coiffé d’amples perruques, aurait eu un double motif pour s’affubler de ce couvre-chef. Mais il se trouvait que son père, qui ne pouvait soufIVir une mode aussi .saugrenue, avait, par un testament en forme, déshérité son fils si jamais il se mettait une perruque sur la tête. Le cas était fait pour embarrasser, et le Sénat de Venise eut a délibérer stir cette alfaire épineuse. Comme la diplomatie est ingénieuse et la jurisprudence pleine de

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