‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 185 sur 232 · Quichcrat, Hist. du costume en France, p. 5G · texte numérisé non relu

Quichcrat, Hist. du costume en France, p. 5G

Bourdeau. — Habillement.

HISTOIRE DU COSTUME

patriarche de Jérusalem, « les marques extérieures de notre perfection sont une longue barbe et de longs cheveux ». — « La barbe, dit aussi saint Clément d’Alexandrie, est la fleur de la virilité. Dieu y attache tant d’importance qu’il la fait paraître chez l’homme en même temps que la raison, » et il veut qu’au rebours des femmes qui n’ont pas de barbe et portent les cheveux longs, les hommes aient les cheveux courts et une grande barbe, afin de donner à leur visage « une gravité majestueuse* ». Tertullien considère la coutume de se raser comme un mensonge et une tenlatix'e impie pour corriger 1 œuvre divine. Tel était aussi l’avis de Diogène lorsque, voyant un homme rasé, il lui dit qu’ « il avait sans doute voulu reprendre la nature de l’avoir fait homme et non femme ».

L’usage de se raser le menton ne prévalut par exception que chez quelques peuples anciens. Les Égyptiens, des piemieis, l’adoptèrent et toutes les représentations les montrent sans barbe. Quelques pharaons seulement, commeleChéfren du musée

de Giseh, sont ornés d’une sorte de barbiche appelée « barbe osiriaque ». Au rebours des vieux Chaldéens, également rasés, les Assyriens et les Perses gardaient la barbe entière. Sa longueur paraît même axoir servi de marque de dignité chez ces peuples, car sur. les bas-reliefs de Persépolis, les gens de service la portent plus courte que les chels**. Le soin avec lequel les barbes des Assyriens sont tressées et bouclées a fait supposer qu ils se mettaient des barbes postiches. Chez les Hébreux, la loi religieuse interdisait de se raser ; « Vous ne raserez point votre barbe », dit Jéhovah', prescription que l’on croit inspirée par le désir de détourner les Juifs des pratiques des Gentils, qui consacraient aux dieux leur première barbe. En Grèce, suivant Athénée, l’usage, jusqu’à l’époque d’Alexandre, était de porter la barbe, et le novateur qui, dans Athènes, s’avisa de la couper, s’attira le sobriquet de « tondu » (v.b?Tr,ç). Mais Alexandre ordonna que ses soldats fussent rasés, de peur, selon Plutarque,

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