‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 186 sur 232 · I. Pédagogue · texte numérisé non relu

I. Pédagogue

a. It. Mônard, Vie privée des anciens, t. 1, p. 149 15. Lévitique, xix, a".

COIFFURES

que les ennemis, en combattant corps à corps, ne les saisissent parla barbe'. Aristote rapporte qu’à Sparte, lorsque les éphores entraient en charge, ils faisaient aux citoyens, par la voix du héraut, la double recommandation « de couper leurs moustaches et d’obéir aux lois ». Pour les philosophes, la barbe était une sorte d’insigne professionnel et, pour ainsi dire, une part de ' leur philoso])hie. Lucien rappelle, dans ses Dialogues, le mot de Diodes disant qu’ « il est indispensable à un philosophe d’avoir..., chose essentielle, une longue barbe qui puisse ins- ])irer confiance à ses disciples » ; à quoi l’eunuque Bagoas, dont on raille le menton glabre, répond : « S’il faut juger des philosophes par la barbe, le bouc a des droits supérieurs à tous les autres^ ». Un de nos vieux auteurs a mis en épigrarnme cette piquante réplique :

Si porter grand barbe au menton Nous fait philosophes paroistre,

Un bouc barbousé pourroit estre Par ce moyen quelque Platon.

Jusqu’au temps des guerres puniques, les Romains laissèrent croître leur barbe, méritant, lorsqu’elle était de remarque, le surnom de Barbaliis donné à plusieurs personnages illustres". Ils avaient même une telle aversion contre les rasoirs qu’ils en interdisaient l’usage aux femmes, condamnées, en dépit de leur sexe, à garder ce fâcheux ornement quand l’âge ou la nature le leur infligeait. Un fragment de la loi des XII tables, cité par Cicéron, défendait e.xpressément aux matrones de se- raser :

» Mulieres ne radunto. » Qu’auraient pensé ces rigides législateurs de l’emploi original et pittoresque de « barbier de l’inlante » dont il est question dans les Mémoires de Gramniont P — D’après le témoignage deVarron'’ et de Pline", les Romains ne commencèrent à se raser que lorsque Ticinius Messa leur eut

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