Annales du commerce exlérieurl 1903, 4” fascicule
4. l'iotet, liapfiort du jury inlernatioiial de l'exposition universelle de 1900 : « Soies et tissus de soie ».
TEXTILES AMMAUX
cesse aiirail Irouvé l'art de nouri ir les bombyx, de dévider leurs cocons cl de lisser la soie. Eu reconnaissance d’un si grand bienfail, Si-ling-Chi, mise au nombre des génies, est vénorcc sous le nom de Sien-Tlisan, « la [ireiiiièrc qui a élevé des vers à soie' ». La Cdiine élablil alors des pratiques régulières de .sériciculture. Le Cltou-lxin;/ mentionne un tribut de soie exigé sous le règne de l’empereur ^u, 2022 avant notie ere, et le Tchéou-lJ, recueil composé en iiiü, parle de 1 obligation, imposée par les règlements aux imperalnccs, de cueillii les rciiilles de mûriers, d’élever des vers a soie, de filer cl de lisser la soie provenant de leurs cocons. Les clociiments cbinois attestent que, du 11b siècle avant notre ère au xm" après, les impôts étaient souvent payés en éclieveaux ou tissus de soie, et la même valeur remplissait l’office de monnaie dans les IrausactionsL Pour les populations de l’immense Empire du Milieu, la soie est encore le textile le plus usité.
La connaissance de ce riebe produit se répandit avec lenteur en Asie, à raison du long isolement de la Cbinc, et ne parvint que tardivement en Europe. Dans l’Indc, les Lois de Manou mentionnent des tissus de soie du xiP au vuP siècle avant notre ère. Quelques siècles après, ils sont signalés en Assyrie et en Perse. Les livres hébreux en parlent à partir du vP siècle. Ezéchiel met les soieries au nombre des objets dont Tyr faisait le commerce". Mardoebée, triomphalement promené dans les rues de Suse, est revêtu d’un manteau de soie". Lors des conquêtes d’Alexandre, la Grèce vit paraître avec admiration ces splendides étoffes. César inaugura dans Rome ce luxe nouveau.
l’occasion de jeux donnés au peuple, il dépensa des sommes énormes pour couvrir un amphithéâtre entier avec un velarium de soie. Au 1" siècle de notre ère, la cherté de ces tissus devint une cause de ruineuses profusions. En étaler sur sa personne était afficher sa folie et se déshonorer publiquement. Sous
I. Stanislas Julien, Résumé des principaux traités chinois sur l'éducation des vers à soie.
□ . E. Parisot, Les Industries de la soie.