Scrico pallio » {Esther, VIII, i
MATIÈRES PREMIÈRES DE l/lIARlLLEMENT
Tibère, quelques dissolus ayant osé porter des toges de soie, le Sénat crut devoir interdire aux hommes de s’avilir par un aussi scandaleux abus'. Néanmoins, Caligula, qui avait toute honte bue, parut elTrontément vêtu de riiabillement prohibé ^ Alais il eut peu d’imitateurs, même parmi les pires Césars, puisque 1 Histoire. Aiigusle accuse Iléliogabale d’avoir le premier donné le déplorable exemple de porter des vêlements de soie Les femmes, toujours en avance quand il s’agit de coquetterie, et contre le caprice desquelles il n’y a pas de règlement qui puisse tenir, se paraient de soieries dès le règne de Néron. Mais c’était un luxe excessil qui n’était pas toujours à portée même d’une impératrice. Comme indication du haut prix de ces tissus, rappelons la réponse que, d’après Vopisque, Aurélien, prince économe, lit à l’impératrice Severina, sollicitant l’emplette d’un manteau de soie, grave affaire qui risquait de mettre en déficit le budget de l’empire : « Aurélien, rapporte son biographe, n’eut jamais dans sa garde-robe d’habillement tout de soie, et il ne permit à jiersonne l’usage de vêtements pareils. Sa femme lui ayant demandé à porter un seul manteau de soie teinte en pourpre, il répondit : Aux Dieux ne plaise que j’achète du fil au poids de l’or ! Et, on effet, une livre de soie équivalait à une livre d’or^. » Pourtant les étoffes de soie ne tardèrent pas sans doute à devenir moins rares, car l’empereur Tacite, successeur d’Aurélien, en permit l’usage à toutes les femmes et ne maintint la prohibition que pour les hommes. .Mais bientôt la corruption croissante des mœurs fit tomber toutes les barrières posées par les lois. Sous le règne de Carin, des vêtements de soie étaient distribués aux acteurs et aux musiciens Les Barbares qui, à la fin de l’empire, ravagèrent l’Italie, ne se montrèrent pas moins avides de ces somptueux tissus que les patriciens
I. « Ne vestis serica viros fœdarel » (Tacite, Annales, II, 33).