Hist. nat., XXVIII
,ô. Martial, Epigr., i, 54 ; xtv, laS ; .luvénat, Satire viit, u»-
COIFFURES
moyen âge, les vêlements à capuchon étaient d’usage commun. Ceux des nobles, richement ornés de franges, affectaient sur la tête la forme d’une crête ou huppe, dont les dimensions étaient proportionnées au rang des porteurs. La langue populaire a retenu cette métaphore de huppe, synonyme de puissant, de riclie ou simplement d’élevé. Le capuchon, détaché et mis à demeure sur la tête, devint d’abord la coiffe, portée par les deux sexes, puis, à partir du xii“ siècle, le chaperon ou rnorlier, bonnet de drap de forme diverse qui constitua la coiffure la plus ordinaire des hommes jusqu’à la Renaissance. 11 n’en est resté que notre vulgaire casquette, réduction bourgeoise du casque, qui a perdu toute signification militaire, sauf dans le moderne képi des soldats français.
On a souvent redit, mais à tort, d’après l’auteur de l’article chapeau dans la grande Encyclopédie, que les chapeaux de feutre, usités depuis le xv“ siècle, dataient en France de Charles VII et avaient fait leur première apparition dans Lhisloire lors de l’entrée de ce prince à Rouen, en ià49- réalité plus
anciens, car on les trouve mentionnés sous saint Louis, dans le Livre des métiers, d’Étienne Roileau*, et même, entre 1097 et iio5, dans la Geste de Tancrède^. Mais ils ne se répandirent que vers le milieu du xv*' siècle. Portés d’abord dans les campagnes, ils furent ensuite adoptés dans les villes. Ce genre de coiffure devint général à partir de François P*' qui, par son exemple, le mit en vogue. Il est ainsi représenté dans le portrait du ’l itien, au musée du Louvre. Rabelais atteste que, de son temps, la fabrication des chapeaux était très variée. Le jeune Gargantua qui, à l’occasion, en faisait un tout autre usage que de s’en couvrir la tête, dit : « Et notez que, des chappeaulx, les ungs sont raz, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetassez, les aultres satinisez... » La lorme des chapeaux a souvent varié depuis, et ces modes changeantes sont en général d’un mauvais goût dont on n’aperçoit le
1. « Quiconque veut estre chapelier de feutre à Paris, estre le peut franchement. »