Gargantua, i
HISTOIRE DU COSTUME
ridicule que lorsqu’elles sont abandonnées. Au chapeau rond à petits bords du temps de la Ligue, succéda l’ample chapeau à larges bords de Louis XIII et de Louis XIV, puis le tricorne Louis XV. Le dernier modèle imposé depuis un siècle, le chapeau à haute forme, doit à Franklin sa déplorable importation. Le type était pourtant ancien, car un chapeau de ce genre est figuré dans le Mariage de la Vierge, d’Albert Durer, et même, durant la haute antiquité, sur une stèle royale de Biredjik, qui est au musée britannique, où l’on voit un personnage liétécn coifi'é d’une sorte de tiare qui a une ressemblance frappante avec notre haut de forme*, tant il est difficile d’innover, même dans le grotesque.
Les chapeaux d’hommes se font avec diverses matières dont la plus commune est le feutre en poil de lapin. Cette fabrication a surtout pris de l’importance depuis l’emploi des machines à feutrer, inventées par Laville, <à Paris, en i855. La fouleuse Laville qui, sous la direction de deux ouvriers et de deux enfants, produit de i5o à 200 chapeaux par jour, a révolutionné la chapellerie et décuplé la production ®. Les chapeaux en peluche de soie, fabriqués d’ahord à Florence, en 1770, ne l’ont été, en France, qu’à partir de 1825. Enfin, on fait en paille, joncs, bois et diverses sortes de chaumes ou de feuilles, des chapeaux légers, très usités dans les régions ou les saisons chaudes. — La production de la chapellerie française, qui était estimée 26 millions de francs en i84o, s’élevait à près de 80 en 1867. Celle de la Grande-Bretagne atteignait 62 millions de francs en i858, et celle de l’Italie, en chapeaux de paille, 25.
Au rebours des coiffures d’hommes qui remplissent une fonction d’utilité, par suite de l’usage d’avoir les cheveux taillés, les coiffures des femmes, dont la chevelure reste généralement intacte, visent à satisfaire la coquetterie plus que le besoin. A titre de simple objet de parure, où l’accessoire prévaut sur le principal, elles affectent les dispositions les plus diverses, où se joue une inépuisable fantaisie. « En tout pays, dit un grave