I. G. Perrot, Ilisl. de l'art dans l'antiq., t. IV, p. 55i
3. Miclicl Chevalier, Introd. aux rapports sur l’expos. de 1867.
coiffures
historien, les femmes, qui sont d’ingénieuses artistes, s’appliquent à orner leur tête, et elles ont raison : c’est la place d’armes d’où partent les traits redoutables’ ». Ce que nous appelons chapeatix de dames a été complètement inconnu des femmes grecques, d’un goût trop pur pour s’aflùbler de disgracieux couvre-chefs. Elles se paraient seulement de leurs cheveux, de bandeaux et de couronnes de fleurs. Les Romaines se coiffaient d’un voile, d’une mitre, d’un réseau, quelquefois même d’une A'essie^. La coiffe (cufea) date des premiers siècles du moyen âge. Le poète Fortunat raconte que la reine, sainte Radegonde, voyageant un jour on grande pompe et s’étant arrêtée dans une église, y déposa ses fines tuniques (camisas), ses manchettes (manicas) et ses coiffes (cufeas), tous objets enrichis d’or et de pierreries ^ La Taille de Paris en 1292 compte 47 chapeliers de fleurs, de coton et de paon (modistes et fleuristes, bonnetiers, fabricants de chapeaux à plumes). De nos jours, la variété des coiffures de femmes est extrême et changeante comme le caprice. Naguère, chaque pays en Europe, chaque province, presque chaque canton avait ses types spéciaux, maintenus par la tradition. Quelques-uns, legs d’un passé plus ou moins lointain, offraient un intérêt historique. Ainsi le bonnet des Cauchoises rappelait le hennin des dames du xiv" siècle ; le petit chapeau des Niçoises reproduisait la coiffure dite « à la Thessalienne » chez les Grecs, et l’antique bonnet phrygien se retrouve encore sur la tête des Arlésiennes. Mais l’uniformité des mœurs et le tyrannique empire des modes parisiennes tendent à effacer l'incroyable multiplicité des coiffures féminines, sauf à mettre dans le temps, par la courte durée de chaque forme nouvelle, la variabilité qui, avant, était dans l’espace. D’après l'enquête faite en 1860 sur les industries de 1 aris, enquête qui, depuis, n a pas etc renouvelée, les modistes confectionnaient pour 3o millions de francs de coiffures convoitées par les élégantes de tous les pays, mais dont la vogue ne s’étend pas au delà d’une saison.