Crropédie.l
ACCESSOIUES DU COSTUME
à mes cheveux! — Aux miens! — Aux miens! » Sous les Césars, Martial confirme le l’ail que la coulumc générale élait de se moucher avec les doigts*. Cette pratique persista pendant tout le moyen âge, jusqu’au plus beau temps de la Renaissance. Rois, princes, seigneurs et manants se conformaient, ainsi que les dames, à l’universel usage, elles idéalistes soulfriront d’être obligés d’admettre que, malgré leur suavité de madones poétiques, la Béatrix de Dante et la Laure de Pétrarque se mouchaient probablement avec leurs doigts. Ce geste réaliste ne paraissait même pas indigne d’être reproduit par les sculpteurs du xv*-' siècle : parmi les chevaliers « plourans » qui, dans le londjeau de Philippe le Hardi à Dijon (i /io/i-i /iSq), symbolisent la douleur, un d’eux, faute de mouchoir, se mouche avec un pan de son manteau, tandis qu’un autre se sert de ses doigts. Cela dura jusque vers le milieu du xvi^ siècle. Erasme, com|)osant un traité de savoir-vivre pour la bonne société, formule des règles précises à cet égard". Un siècle plus lard, les manuels de civilité, donnés pour code des bienséances, recommandent encore de se nioucher avec les doigts, mais particulièrement avec ceux de la main gauche, en évitant d’employer à celle fonction la main droite, « celle qui prend la viande », l’usage des fourchettes à table n’ayant prévalu que plus tard.
On pourrait trouver pourtant une origine très ancienne à nos mouchoirs, mais avec d’autres attributions. Dans les bas-reliefs assyriens cl persans, le roi est d’ordinaire suivi d’un ollicier qui lient à la main un chasse-mouches et une bandelette d’étolfe cju’on suppose avoir été destinée à servir de mouchoir^. Toutefois, comme cet objet de toilette ne figure dans ces représentations qu’à titre d’insigne du pouvoir suprême, on doit présumer que l’usage en était exceptionnel.
A Rome, vers les derniers temps de la République, la mode s’établit de porter une ])etilc |)ièce de toile de lin (linleolum) qui i>ouvait, par circonstance, servir de serviette ou de mou-