‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 219 sur 232 · G. Perrot, Hisl. de l'art dans lanliq-, l. H. P · texte numérisé non relu

G. Perrot, Hisl. de l'art dans lanliq-, l. H. P

ACCESSOIRES DU COSTUME

cessions catholiques. A la Chine et dans l’Inde, le port d’un parasol est encore tenu pour un signe de haute distinction. Aussi les Anglais ne s’en séparent-ils guère, dans l’intérêt de leur prestige autant que pour leur commodité.

Réservé aux chefs darfs les états despotiques d’Asie, l’emploi des parasols s’est démocratisé en Europe. Au retour de chaque printemps, les Athéniens céléhraient une « fête des para.sols » (sciadopliorie) dont Phidias a sculpté le détail sur la frise du Parthénon. Elle se faisait en l’honneur de Minerve, comme si l’on avait voulu charger la déesse même de la sagesse de recommander, aux approches de l’été, les avantages de cet abri préservateur. L’ombrelle (o-/,'.â5'.sv) dont se servaient les Grecques de l’antiquité, était disposée comme la nôtre pour s’ouvrir ou se fermer à volonté. Les femmes d’un rang élevé les faisaient tenir par une suivante, ainsi qu’on le voit souvent sur les va.ses. Les sciadophores des Panathénées les portent fermées.

A l’exemple des Grecs, les Romains de l’époque impériale adoptèrent les ombrelles. Une épigramme de Martial montre que, durant les réprésentations de l’amphithéâtre, les spectateurs du côté du soleil recouraient à des parasols pour se défendre de l’ardeur de ses rayons :

.'Vccipe quæ nimios vincant uinbracula soles ‘.

Les Italiens conservèrent l’usage des ombrelles, que Montaigne constate sans l’approuver, car il lejuge plus incommode qu’utile : « Les ombrelles, de quoi, depuis les anciens Romains, l’Italie se sert, chargent plus la main qu’ils ne déchargent la tête ^ » L’opinion du voyageur philosophe n’a pas prévalu, surtout depuis qu’on a su faire les ombrelles assez légères pour ne pas charger le bras, et la coutume d’en porter s’est répandue en Europe. Les grandes dames, en France, se mirent, au commencement du xviU siècle, à user de parasols ; mais comme ils ne fermaient pas, ils auraient été gênants, et elles les faisaient tenir par un page. Plus tard, vers 1760, on y adapta une mon-

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