Essais, III, g
HISTOIRE DU COSTUME
lure qui permit de rabattre l’ombrelle le long du manche et la rendit plus portative'. Depuis peu, les hommes font, comme les femmes, un emploi habituel des parasols.
Le parapluie, qu’on a pittoresquement qualifié de « bouclier météorologique * » est, quoique plus nécessaire et maintenant d’un usage plus général que le parasol, moins ancien en Europe, quoique, dans l’extrême Asie, son origine semble remonter presque aussi haut. L’Inde et la Chine adaptèrent de bonne heure le parasol à celte nouvelle fonction, car il n'importait pas moins de se défendre de la pluie que du soleil, et le même appareil pouvait servir à deux fins. Le parapluie a un nom en sanscrit (kavari), et ce nom signifie « Quel bon couvert ® ! » Comme les Aryas de l’Inde, les habitants de la Tartarie et de la Perse en ont fait anciennement usage. Les peuples d’Europe, à qui les intempéries d’un climat pluvieux auraient dù faire sentir le besoin d’un artifice pareil, n’en ont connu le bienfait qu’à une épocp.ie tardive. Il aurait été naturel d’employer à l’occasion les parasols pour s’abriter d’une averse, et un passage de Juvénal fait allusion à ce changement d’attribution^; mais un parapluie, pour rendre des services efficaces, devait avoir plus d’ampleur que l’ombrelle, ce qui revenait à l’aloui'dir, et ni la laine, ni le lin, ne convenaient pour le couvrir. Or, les anciens ne disposaient pas du coton, et la soie coiitait trop cher pour qu’on put l’cm- |)loyer à un usage si vulgaire. Par les mauvais temps, d ailleurs, les gens riches se faisaient porter en litiere par leurs esclaves, et, à raison de la simplicité des vêtements, les gens de petite condition appréhendaient moins que nous de se mouiller.
Un inventaire de la couronne de France, dressé en ifiyS, mentionne, outre « onze parasols de taffetas de différentes couleurs, trois parasols de toile cirée garnis de franges d’or et d’argent », dont l’usage était manifestement de garantir contre