Lettre de Henri IV à Olivier de Serres
TEXTILES AMMAUX
lissage de la soie une de nos industries nationales les plus prospères. — Les soieries furent d’abord presque prohibées en Angleterre. Un décret d’Édouard 111 n’accordait qu’aux centenaires le privilège de pouvoir porter des habits de soie. Comme les centenaires ne sont pas nombreux et qu’à cet âge on est en général un peu revenu de la vanité, la consommation ne devait pas être fort étendue. Elle le devint davantage quelques siècles après, car on raconte que Jacques V, roi d’Ecosse, ayant à recevoir des étrangers de qualité, empruntait au comte de Mar une culotte de soie, u afin, disait-il, de ne pas ressembler à un marmiton ».
En France, la récolte annuelle de la soie, d’environ 6 millions de kilogrammes de cocons au xvni“ siècle, avait été portée à 10800000 de 1820 à i83o, et atteignait, en i856, le chiflVe de 26 millions do kilogrammes, valant i3o millions de francs '. Mais, depuis lors, un fléau dont les eflbrts de la science n’ont pu atténuer que partiellement les ravages, a fait décroître celte rapide progression. En 1900 on évalue, pour la période quinquennale 1896-1899, la moyenne annuelle de la production de la soie, évaluée en soiegrège^, à 27 900 000 kilogrammes dans le monde entier, savoir : 5 48o 000 pour l’Europe (Italie 4 4oo 000 ; France 680 000 ; Autriche-Hongrie 280000; Espagne 80000...); 21 200000 pour l’Extrême-Orient (Chine, Inde, Japon) et l’Asie Centrale, et i 220000 pour le Levant. Il se fabrique dans le monde environ pour 2 milliards 5o millions de francs de soieries, dont près des trois quarts en Europe. On estime que l’Asie'* retire de diverses autres espèces de vers sétigères environ 35 millions de kilogrammes de cocons, donnant 2 100000 kilogrammes de soie.
Ces quantités sont loin de suffire, et, si grand est le besoin de soie, qu’on a fait, depuis peu, des tentatives originales pour fabriquer industriellement un produit analogue, qu’on pourrait obtenir avec une abondance facultative dès qu’il ne faudrait plus