Vie d' Alexandre, lit
BIJOUX
cation et le port n’étaient rien moins qu’honorifiques. A Rome, on rivait au cou des esclaves soupçonnés de vouloir s’enfuir, un collier de fer analogue à ceux de nos chiens, sur lequel était inscrit le nom du maître, avec prière de ramener le fugitif en cas d’évasion.
Le collier fut de bonne heure un ornement pour les femmes, et cela conduisit à plus de délicatesse dans le travail. On y enchâssa dans l’or des pierres précieuses, des perles, de l’ambre, etc.
L’origine des bracelets est immémoriale. On en a de l’âge du bronze faits de ce métal. Les hommes en portaient autrefois comme les femmes. Dans la Genèse, Juda donne son bracelet en gage à Thamarh Cet ornement avait iiiêmeune valeur d’insigne chez les Hébreux. Au livre des Rois, lorsque Saül est tué, on le dépouille de son .diadème et de son bracelet^. Les monarques assyriens sont souvent représentés avec des bracelets aux poignets. Les guerriers étrusques et sabins se paraient aussi de bracelets, comme on le voit par les prix décernés à Dentatus, et, dans Tite-Live, par l’histoire de Tarpéia qui ouvre en trahison les portes de Rome pour avoir un des bracelets d’or que les Sabins portaient au bras gauche”. — Les femmes grecques et romaines s’ornaient de riches bracelets. Elles en avaient pour les bras et pour l’avant-bras (ilXia, ofjiç) ; elles en attachaient même à leurs jambes nues (zÉîai, Trsp'.u/.e/aîsç). Ces
bijoux affectaient souvent la forme d’un serpent enroulé, ce qui explique leur nom d’cçî'.;. Une épigramme de V Anthologie fait oflrir a \énus par la jeune Aristotélie « le beau serpent entortillé dont elle parait le bas de sa jambe ^ ». Dans le Satyricon de Pétrone, Scintilla fait montre de ses anneaux de jambe en même temps que de ses bracelets L Une signification particulière s’attachait parfois à ce genre de bijoux. Hérodote parle d’une peuplade voisine de l’Égypte, les Guidanes, dont les femmes portaient autour de la cheAÜle du pied « autant d’anneaux de cuir