Satyricon, G
HISTOIRE DU COSTUME
qu’elles avaient eu d’amants, celle qui en avait le plus étant la plus admirée comme ayant été aimée d’un plus grand nombre d’hommes'. » C’était une sorte de décoration militaire à l’usage des héroïnes de la galanterie. Chez les Kabyles et nombre de tribus nègres, les femmes portent aux jambes de lourdes pièces de métal, qui ont plus d’analogie avec des fragments d’armures gothiques qu’avec des objets de toilette. Les femmes Bongos traînent avec elles de ces boulets de pieds qui pèsent jusqu’à 20 kilogrammes.
Les anneaux, inconnus des peuples sauvages, ne peuvent dater que de la connaissance des métaux. L’habitude de porter ces bijoux au doigt était immémoriale dans tout l’Orient, en Chaldée, en Égypte, en Phénicie, en Assyrie, en Perse... Dans la Genèse, le pharaon met son anneau au doigt de .Joseph en signe d’investiture*, et il ressort de l’épisode de Thamar que les patriarches hébreux portaient des anneaux®. Cette coutume ne paraît s’étre répandue en Grèce que postérieurement à l’Age héroïcpie, car Homère qui décrit de riches parures et mentionne diverses sortes de bijoux ^ ne parle nulle part d’anneaux. Mais, quelques siècles plus tard. Panneau magique de Gygès devint célèbre dans les légendes helléniques. Chez la plupart des peuples anciens, les anneaux étaient façonnés avec des chatons porlaiit gravés des emblèmes, des figures, des lettres ou des signes, de manière à pouvoir servir de cachets. Avant l’invention des serrures, on employait souvent ces cachets, toujours disponibles, pour mettre sous scellés, au moyen d’empreintes sur cire, les provisions de ménage et tous les objets qu’on voulait tenir à l’abri des déprédations des esclaves.
A Rome, le droit de porter Panneau fut, dans le principe, un privilège aristocratique. Celui des chevaliers était en fer. Les historiens latins disent qu’après les batailles de Trasimène et de Cannes, .\nnibal reconnut l’importance de ses victoires à la quantité des anneaux recueillis sur les morts. Auguste, voulant