Hérodote, lüst., IV, 43. Pline, fUst. nat., XII, préface
5. Cook, Premier voyage ; Description des habitants <♦<’ la Nouvelle Zélande.
TEXTÎLES VEGETAUX
formaient encore, par ascétisme, à cette pratique. Paul l’ermite, rapportent les liagiograplies, s’était fait une tunique de feuilles de palmier tressées en manière d’ouvrage de sparterie Divers objets d’usage commun rappellent, dans le costume moderne, cette industrie des temps primitifs. Tels sont nos cliapeaux de paille, de joncs, de latanier, de panama, etc., les sandales d’écorce ou de sparte des peuples du midi, etc. On fait en outre avec des chaumes, des feuillages, des bourres..., des nattes, des paillassons, des sacs d’emballage, des liens, etc. Par un artilice analogue, la vannerie confectionne avec des rameaux llexibles des corbeilles, des paniers, des hottes, etc. Ces petits travaux, où l’on voit souvent des sauvages déployer une remarquable ingéniosité, sont peut-être les plus anciens qu’ait tentés l’industrie textile, et ont pu servir de point de départ à l’invention du tissage.
Des feuilles et des écorces, employées à l’état brut ou simplement divisées et assouplies par le battage, ne comportaient fpic des emplois assez restreints, parce qu’elles manquaient de linesse, do force et de llexibilité. On reconnut par expérience que les fibres intérieures de certaines plantes dites filamenteuses, étaient mieux douées de ces avantages, et l’on apprit à les extraire des trames où elles étaient engagées, en leur faisant subir une élaboration préalable. Chaque région mit à prolit les ressources de ce genre que la flore locale pouvait offrir. Leur exploitation a devancé l’établissement de l’agriculture, car on la signale chez des peuples qui ne savent pas encore propager les plantes utiles, et les premiers essais ont nécessairement du porter sur des produits de plantes sauvages. Quelques-uns de ces textiles élémentaires, d’origine immémoriale, n’ont pas cessé, en Europe même, d’être usités jusqu’à nos jours.
En Espagne, on a très anciennement fait emploi de l’écorce d un genet (^Sparteiim juncciun, DC.), dont la filasse grossière continue d’être employée dans la péninsule. Les paysans du
I. « lunicartrfiii spartæ inodum ex palmœ foliis sibi contexerat t (Bréviariuni Parisiense, pars liieinatis, pp. agi et 4oi).
MATIÈRES PREMIÈRES DE e’iiARILLEMENT
Sud de l’Italie en tirent aussi parti pour se faire des vêtements'. L’Europe moyenne a longtemps exploité les fdires de l’écorce intérieure du tilleul, dont les lacustres de la Suisse se confectionnaient des tissus". L’usage de ce textile a persisté durant tout le cours de la période historique pour la fabrication de toiles et de cordages. Il avait même autrefois une importance dont témoignent les mots de leiller et de Icitleiir (du vieux français lille, tilleul), appliqués depuis au travail qui consiste à briser les tiges du lin ou du chanvre. Olivier de Serres mentionne, au xyi” siècle, l’emploi de la lilasse de tilleul aux environs de Paris", et, actuellement encore, les Russes en extraient de leurs forêts pour environ 12 millions de francs par an.
Lors de la découverte de l’Amérique, les Mexicains savaient retirer des feuilles charnues de l’agavé ÇAtjave nmerlcana, L.) des fibres longues et tenaces (jue. les Espagnols, à leur excnqjle, utilisent sous le nom de pille. En traitant de même le phormium lenax, les Nouvcaux-Zélandais obtenaient une sorte de soie végétale, brillant textile qu’on a essayé, mais sans succès, de produire en Europe.
Des plantes venues sans culture donnaient un produit gratuit, mais épars et peu abondant, qui tendait même à décroître pour peu que l’exploitation devînt active. Le besoin de textiles conduisit à multiplier les plantes qui les fournissaient. On s’attacha de préférence à quelques espèces annuelles, aisées à propager de semis, et dont la récolte ne se faisait pas trop longtemps attendre. Leur mise en culture fut postérieure à celle des plantes alimentaires, d’une utilité plus grande encore; néanmoins, dans l’histoire des conquêtes agricoles, les plantes rdamenleuses viennent immédiatement après les céréales, et, comme valeur de production, occupent toujours le second rang. Trois espèces, choisies parmi les plus avantageuses, le lin, le chanvre et le
J. Fr. Lenormant, A travers l’Apiilie et la Lucanie. 3. De Morlitlel, Le Préhistorique, p. 583-583;