‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 27 sur 232 · De Mortillet, Le Préhistorique, p · texte numérisé non relu

De Mortillet, Le Préhistorique, p

AIATIÈKES PREMIÈRES DE l’hARIM.EMENT

tique Uin' qui a la signification générale de fd, et cette étymologie témoigne, comme celle du mot imrje Qinleum, tissu de lin), d’un emploi prépondérant sinon exclusif de ce textile. Pline dit que « les tissus de lin étaient les plus prisés des femmes germaines^ ». En (iaule, les druides s’habillaient de lin, comme les prêtres d’Kgy|)te, et le nom de Bellec’h, qui leur était donné, se lie au gaélique belh, lin. 11 est à noter que la même désignation de hellec’h s’applique encore, en liretagne, aux prêtres catholiques, en partie vêtus de lin comme leurs prédécesseurs gaulois.

Les Grecs ne firent pas grand usage des toiles de lin ; mais les Homains, au déclin de la République et sous l’Empire, les recherchèrent avec passion, comme articles de grand luxe, l u tribut perpétuel de lin fut même imposé à l’Égypte’*. L’Espagne et paiticulièrement la ville de Sælabis fabriquaient des toiles renommées pour leur finesse, auxquelles le luxe romain attachait un très haut prix*. Le lin de Cumes avait aussi de la réputation. Pline rapporte qu’on en faisait des toiles de chasse capables de résister aux ellbrts des sangliers et môme au tranchant du fer. « J’en ai vu, assure-t-il, d’une telle finesse qu’elles passaient par un anneau avec tout leur appareil. Un seul homme portait de quoi entourer une forêt'L »

Aussi longtemps que, dans l’Europe barbare, l’agriculture imparfaite eut peine à entretenir les populations de céréales, la production du lin, qui aurait fait concurrence et accaparé les meilleures terres, ne put prendre qu’une faible extension. Cette condition se prolongea pendant tout le moyen âge, où le linge de corps, de table ou de Ut constitua un signe d’aristocratique somptuosité. D’après les comptes d’inspection que nous ont conservés les Capitulaires de Charlemagne, on voit que, dans telle résidence de ce prince, toute la lingerie se composait d’une paire de draps, d’une nappe et d’une serviette. Le goût des toiles

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