Hist. nat., XIX
2. Edmond Faucheur, liapport du jury international de l'exposition universelle de igoo : « Fils et tissus de lin, de chanvre, etc. »
TEXTILES VÉGÉTAUX
du corps dans les climats frais, et n’expose pas aux mêmes dangers de refroidissement par rapport à la transpiration dans les climats chauds. Son bas prix, qui permet d’en laire des tissus communs, a surtout contribué à généraliser l’usage du linge de corps, si avantageux pour l’hygiène publique, et sa finesse, qui se prête aux élaborations les plus délicates, bu assure un rôle distingué dans les industries de luxe. Les tissus les plus déliés que l’on connaisse, les mousselines, se font avec du coton. D’autre part, la ténacité de ses fibres rend ses fils précieux pour la couture. A raison de son homogénéité, cette matière se prête, avec une docilité parfaite, au.x élaborations les plus délicates; son aptitude à l’ecevoir la teinture et l’impression est incomparable. A l’état de bourre ou de fil, le coton se laisse aisément associer aux autres textiles pour accroître leurs avantages ou diminuer leur cberté. Le travail du coton a même atteint une perfection si grande qu’on réussit à lui faire imiter les qualités de la laine et même celles de la soie. Tant de mérites réunis ouvrent au coton, sorte de Protée industriel, une carrière indéfinie d’applications. On en fait des, toiles, des tricots, du linge de corps, de toilette, de table ou d’office, des draps, des velours, des peluches, des mousselines, tulles et dentelles, des couvertures, des tissus d’ameublement, des ouates, des rembourrages, etc. Par suite de cette multiplicité d’emplois et de l’importance de quelques-uns, le coton, dernier textile mis à la disposition de l’industrie européenne, n’a pas tardé à y prendre le premier rang.
Cet inappréciable produit, que la nature offrait à l’homme dans trois des parties du monde, fut sans doute exploité dès qu’on sut filer. Mais l’Afrique et l’Amérique n’avaient que des espèces arborescentes de cotonniers, d’une culture peu lucrative. A l’arrivée des Espagnols, les peuples à demi-civilisés du Nouveau-Monde, Caraïbes, Mexicains et Péruviens, étaient vêtus de coton. Les premiers indigènes que rencontra Colomb, en débarquant dans une des îles Lucayes, lui présentèrent comme objet d’écbange des écheveaux de coton filé*. Toutefois, ce textile n’a pu être produit en abondance que par la propagation du