‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 32 sur 232 · Itinéraire, V, 5; \ I · texte numérisé non relu

Itinéraire, V, 5; \ I

TEXTILES AÉGÉTAUX

Néanmoins, ces tentatives ne paraissent pas avoir donné de résultats bien sérieux, et la consommation du coton dans le monde gréco-romain resta d’une insignifiance presque absolue, car les auteurs anciens sont muets à cet égard.

Il est plus surprenant que la Chine, voisine de l’Inde, et dont le climat ne se refusait pas à la culture du coton, ne se soit approprié cette source de richesse que vers le milieu du moyen âge. Ses annalistes rapportent qu’en 5o2 avant notre ère, l’empereur Ou-Ti, de la dynastie des Léang, s’enorgueillissait de posséder une tunique de coton. C’était là un fait notable, dont le souvenir semblait digne d’être conservé par I histoire. Introduit en Chine au i.x® siècle, le cotonnier de l’Inde ne fut cultivé en grand qu’à partir du xiiC, a la suite de la conquête tartare. Il fallut encore un siècle au nouveau textile pour triompher des préventions que lui opposait l’immuahle routine du Céleste Empire.

L’Europe doit aux Arabes la propagation du coton, comme le rappelle le terme qui le désigne, dérivé de l’arabe q’hollon. Au X® siècle, sous Abdéramc-le-Grand, les Maures cultivaient le coton dans le royaume de Valence. Les Vénitiens, maîtres de Chypre, s’y adonnèrent aussi à cette culture et en retirèrent de si grands profits qu’ils donnèrent à la plante le nom d’ « herbe d’or ». Merrino, historien du commerce de Venise, dit que quelques fabriques de cotonnades y étaient établies au commencement du xiv“ siècle, et le rapport présenté en i42i au grand conseil par le doge Mocenigo sur le commerce de la république, constate que « cinq milliers de coton, valant aboooo ducats », se vendaient chaque année à la seule Lombardie'. Dans le reste de l’Europe, ces tissus étaient d’une telle rareté qu’en 1220 un comte de la Marche transmettait par testament, à titre d’objet précieux, une robe de coton". En 1820, un compte delà maison de France mentionne l’achat de trois livres de coton « pour le matelas du roi amender^ ».

Page 1