H. Havard, Dictionn. de V ameublement, t. I, p. gâi
MATIÈRES PREMIÈRES DE e’iI ARILEEMENT
Jusqu’à la fin du xiv“ siècle, l’industrie cotonnière constitua le monopole de quelques villes d’Espagne et d’Italie. Barcelone, Circnade, Venise et Milan s’appliquèrent à produire des fulaines et des harins rechercliés à l’égal de la soie'. Bientôt Gand et Bruges, dont le lissage de la laine avait lait la pro.spérité, s’essayèrent aussi à travailler le coton. L’Angleterre, qui devait plus lard éclipser tous ses rivaux dans cette lucrative industrie, eut de modestes débuts. Dans les premières années du xiv® siècle, des marchands vénitiens et génois lui vendirent quelques halles de ce textile inusité, qui ne fut jugé hon qu’à faire des mèches de chandelle, emploi auquel la finesse de ses fihres le rendait en effet excellemment propre. Vers i/|3o, des tisserands du Lancastro et du Chester entreprirent de fabriquer avec du coton des tissus dans le genre des futaines flamandes, et l’essai fut assez heureux pour suggérer le désir d’aller s’approvisionner dans le Levant d’un textile dont la cherté seule limitait les applications. Cependant la première mention de fabriques de quelque importance n’est pas antérieure à i6/ji, et se lit dans un ouvrage’ où il est question de toiles faites à Manchester avec du coton provenant de Chypre et de Smyrne. En i652, des métiers à filer et à tisser le coton étaient disséminés dans les paroisses de (pielques comtés, où cette industrie accessoire, alternant avec les occupations agricoles, aidait les ouvriers des champs à traverser la morte saison. En France, bien que quelques fabriques de cotonnades se fussent établies vers la fin du xvii® siècle, cette production ne prit un peu de dévelopjjement, à Bouen et à Amiens, qu’au milieu du xviii®.
d’el fut, en Europe, l’humble point de départ d’une industrie qui devait prendre, en moins d’un siècle, une prodigieuse extension. Deux obstacles avaient jusque-là retardé son essor. C’étaient: d’une part, la difficulté de se procurer la matière première, que le bassin de la méditerranee n’aurait jamais suffi a produire en quantité suffisante; de l’autre, la lenteur de la mise eu œuvre, qui aurait exigé plus de bras que la population, oc-
1. Du grec bvzanlin [3ajj.6âj!Ov, soie, flérivent 1 espagnol üoiiibari, 1 italien banibagino, le vieux français boinbarin...