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Le Trésor du. commerce, do Lewis Robert

TEXTILES VÉGÉTAUX

cupée à d’autres tâches, n’en pouvait fournir. Or, durant la seconde moitié du xviii® siècle, ces deux causes d’arrêt se trouvèrent supprimées grâce à un concours de circonstances propices. Par suite de la fondation de l’empire anglo-indien et de la culture du coton aux États-Unis, les fabriques d’Europe purent se pourvoir du textile convoite a des sources piesque inépuisables de production; et, à ce même moment, par la plus heureuse des coïncidences, les mécaniciens anglais réussirent à donner au travail du coton, à l’aide de procédés mécaniques, une puissance et une célérité merveilleuses. Le progrès lut des lors rapide, et, en moins de deux ou trois générations, l’industrie cotonnière prit rang parmi les plus importantes du monde. On en jugera par les chiffres suivants : les états de douane de la Grande-Bretagne constataient l’importation de 622 716 kilogrammes de coton en 1701, de 784000 en 1741, et de I 727 000 en 1764- Les quantités employées dans les fabriques anglaises se sont ensuite élevées à 3 millions de kilogrammes en 1776, à 23 en 1800, à 270 en i85o, à 4oo en 1860. La valeur du coton acheté en Amérique n’était pas moindre de 600 millions de francs, et celle de l’importation totale atteignait 864 millions. L’industrie cotonnière, qui sous Georges 111 faisait vivre /| O 000 personnes, en occupait un million en 1860, et, avec les industries annexes, assurait la subsistance de quatre millions d’habitants.

La France suivit d’assez loin ces étonnants progrès. Une administration aveugle sembla même moins soucieuse d’encourager l’industrie nouvelle que de l’arrêter par d’inintelligentes restrictions. Sous Napoléon P'", les tissus de coton étaient encore une consommation réservée à l’opulence. Un rapport de Beugnot, préfet à Rouen, dit, en, 1806, que â les toiles de coton sont un degré de luxe bien supérieur à celui de la soie ». Dans le Mémorial de Sainte-llélcne, Napoléon raconte qu’il avait eu la pensée de proscrire les cotonnades pour favoriser les batistes et linons indigènes; mais l’impératrice Joséphine se révolta, poussa de hauts cris, et il fallut renoncer à ce projet*. Les

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