Mémorial, 1842, l. I, p
MATIKRES I’REMIÈrES de e'harili.emënt
patriotiques eiïorts de quelques manufacturiers, et surtout de Richard Lenoir, parvinrent h introduire en France les procédés britanniques. Nos usines, qui employaient 12 millions de kilogrammes en 181G, en recevaient 65 en i85o, et 124 en 186 r .
Lorsque la guerre de Sécession vint, il y a trente ans, jeter dans une industrie si prospère une perturbation profonde, on évaluait la production des Etats-Unis à un milliard de kilogrammes de coton par an. Cette masse de textile était presque entièrement Idée et tissée en Europe, où sa mise en œuvre occupait I ôooooo ouvriers, et la valeur des produits manufacturés s’élevait à 7 ou 8 milliards de francs'. Une matière aussi précieuse avait fini par usurper dans les transactions commerciales et même dans les relations politiques des peuples une réelle prééminence. Les Américains proclamaient avec orgueil la suprématie du « Roi Coton » (Colton is king), a la veille du jour où i Is parurent menacés de la perdre. Mais ils l’ont vite reconquise. Après quelques années, leur production, de /i 476 000 balles" en 1860, a pris un élan plus rapide encore, et s’est élevée à 5 760 000 en 1880, pour atteindre, en 1898, le cbilTrc prodigieux de 1 1 millions de halles, v'alant plus de (jJo millions de dollars (plus de 5 i5o millions de francs'*). Toutefois, de nombreux compétiteurs, suscites par la crise meme, ont suigi de divers cotés. Dès 1878, l’Indc portail sa production à 200 millions de kilogrammes, l’Égypte à io5, le Brésil a 5o... En 1901, celte même [irodiiction était estimée à environ 5Vi md lions de kilogrammes jiour les Indes anglaises, 280 pour l’Égypte, 820 pour la Chine et la Corée, 170 pour l’Amérique du Sud et l’Asie centrale. La récolte du colon dans le monde entier était évaluée à 8/198 millions de kilogrammes, soit 17 4G5 ooü ballesL Grâce à l’universelle convoitise que provoque la récolte de « l’herbe d’or », la civilisation est désormais en