Annales du commerce extérieur, 1902, 4« et 1 1« fasc
MATIÈRES PREMIÈRES DE l’iIABILLEMENT
blés. L’Europe, pendant ces dernières années, de i885 à 1898, en recevait pour 2 5 millions de francs environ.
Citons encore pour mémoire la laine végétale ou « laine de forêt » (Waldwolle) des Allemands, qui provient des familles de pin. On s’en sert pour fabriquer des flanelles censées anlirhumatismales, rembourrer des matelas, etc.
Enfin, une industrie toute récente est parvenue à transformer le bois en textile, au moyen d’une élaboration qui consiste à désagréger les fibres, à les séparer et à les blanchir. On obtient ainsi une sorte de coton artificiel qui se laisse aisément tordre et filer, et qui, doué de qualités particulières, serait plus économique que le vrai coton. On exploite ainsi surtout le bois d’essences résineuses ; mais le même traitement appliqué à diverses espèces pourrait être susceptible de fournir une certaine variété de textiles. L’Allemagne se livre à cette préparation, et, en 1892, une seule fabrique de cordes en fibres de bois employait 60 machines à filer.
La vulgarisation de l’emploi des textiles végétaux dans les temps modernes a heureusement complété les ressources de l’industrie du vêtement et modifié les habitudes des populations civilisées. Le lin, le chanvre et le coton nous entretiennent de toiles d’une fraîcheur agréable, d’une blancheur éclatante, aptes à une foule d’usages et faciles à maintenir propres par des lavages répétés. Outre des vêtements précieux pour l'hygiène, ces mêmes tissus composent notre linge de nuit, de lit, de toilette, de table, et assurent enfin, sous forme de linceul, la suprême décence de nos sépultures. Les arts domiciliaires leui demandent des tentures d’ameublement, la pêche des filets, la marine des voiles et des agrès, le commerce des sacs, toutes les industries des cordes et des ficelles, la médecine des ouates, des bandages et de la charpie... ; et lorsque, après tant d’usages divers, ils semblent mis hors de service, une fabrication nouvelle recueille avec soin leurs derniers débris et leur ouvre, par leur transformation en papier, une nouvelle carrière d’emplois de la plus grande utilité.