CHAPITRE III
FILATURE DES TEXTILES
Peu de lâches exigeaient autant d’adresse, d’application et de patience que la conversion des textiles en fils. C’était même un problème fait pour embarrasser que d’ajuster dans le sens de leur longueur des filaments ténus, presque insaisissables, de les unir et de les tordre pour les rendre solidaires et leur donnci de la force, en un mol de Iransformer un amas de brins confus et brouillés en un fd solide, égal et continu. Cependant, un travail de ce genre ne jiaraît pas excéder l’inslmct de quelques oiseaux. Les naturalistes citent une fauvette d’Asie, la Sylvia süloria, qui sait coudre les feuilles dont elle compose son nid avec des bourres végétales qu’elle file en s’aidant du bec et des
Bien que doué de raison, riiomme fut longtemps incapable d’en faire aulanl. L’expérience plus que le raisonnement devait conduire à la découverte de la filature. Cet art remonte jusqu a la phase de sauvagerie. Peu de peuples, même parmi les moins avancés en industrie, en ont ignoré la pratique, et son extrême dibiision, partout où se rencontraient des textiles, montre que cet artifice doit prendre rang parmi les plus anciennes invenlions La (pienouille et le fuseau, outils élémentaires mais essentiels, de la lilature, ont une origine iinnieinoriale. Des fusa-, oies, sortes d’anneaux en terre cuite ou en méta , qui servent à lester le fuseau, afin de régulariser sa rotation, abondent dans les stations des derniers temps de la préhistoire*. Sebbemann