M Nudus in nuda humo. » Ilist. nul., MI, i
INTRODUCTION
le laps immense de la période tertiaire, elle devait être vêtue du climat, alors uniforme sur toute la surface du globe, de l’équateur au Groenland, et peut-être pourvue d’un pelage dont nous n’avons conservé que des restes ou des indices, comme en témoignent le duvet qui couvre la peau des enfants nouveaunés, les cheveux et les poils des adultes, enfin l’existence de races à villosité prononcée (Aïnos du Japon, pygmées d’Afrique... '). La tiédeur initiale de la température semble avoir persisté jus- ((u’à la fin de l’époque chelléenne, où des espèces, maintenant i(‘léguées dans les régions chaudes, vivaient dans la zone tempérée. Mais il n’en fut plus de même cà partir de l’époque rnonslérienne. Le froid se fil alors sentir, l’alternance des saisons SC caractérisa plus nettement, des ])ériodes glaciaires, encore mal expliquées, firent sentir leur rigueur, cl la même cause qui contraignait les espèces tropicales à circonscrire leur habitat induisit l’homme à se vêtir A'éanmoins, jusqu’à l’époque magdalénienne, il a pu persister dans sa nudité première, car les dessins et les sculptures qui nous sont parvenus de cet âge, le montrent sans x'êtements. Mais, à l’époque robenhausienne ou de la pierre polie, diverses preuves attestent que l’homme est vêtu.
Pour les populations restées le plus près de l’état de nature, cette condition de nudité s’est perpétuée jusqu'à nous, à travers toute la période historique. Les auteurs anciens et les voyageurs modernes mentionnent une foule de peuples sauvages chez qui les vêtements se réduisaient presque à rien ou étaient même tout à fait inusités. La plupart des indigènes de l’Afrique, de l’Amérique du Sud, de l’Australie et de la Polynésie, dispensés de costume par la douceur du climat, n’avaient point d’habillements ou se contentaient des plus sommaires. Sur la côte Ouest du continent austral, on voit encore (1892), au rapport d’un voyageur, M. Lapage, les indigènes des deux sexes et de tout âge complètement nus. Sous un ciel incléinent, les Fuégiens