HISTOIRE DU MÉTIER A TISSER
Le premier qui s’avisa de croiser des fds et d’en composer un tissu fit une découverte aussi ingénieuse que féconde. Les anciens supposaient que l’idée d’un pareil travail avait pu être suggérée par l’exemple des toiles que lisse l’araignée*; mais ni les produits, ni la manière de procéder n’ont beaucoup d’analogie, et il paraît plus vraisemblable qu’on fut conduit à imaginer le tissage par l’artifice des nattes que la plupart des peuples sauvages savent tresser avec des feuilles découpées en lanières, des chaumes, des filaments d’écorce, des joncs, des rameaux flexibles, adroitement entre-croisés. Cette fabrication élémentaire, qui se faisait à la main, sans appareil d’aucune sorte, a forcément dû précéder le tissage, dont le procédé est plus cornple.xe, et lui servir d’indication. Cette conjecture est confirmée par l’archéologie et l’histoire. On a la preuve que, pendant le dernier âge de .la pierre, les habitants de l’Europe occidentale s’habillaient de trames tressées et non encore tissées. A M'angen, sur le lac de Constance, on a trouvé les restes d’une toile de lin nattée, et, dans quelques grottes d’Espagne, des vestiges de vêtements en sparte, également tressés. Hérodote parle de vêtements nattés, en usage chez les Indiens®. Les premiers navigateurs qui visitèrent les îles du Pacifique virent leurs habitants réduits à cette ébauche de tissage et vêtus de