Histoires, III
kODES DE TISSAGE
nattes faites avec des feuilles souples, amincies et battues au maillet.
L’art de natter s’est conservé jusqu’à nous et s’applique à une Ibulc d’ouvrages confectionnés avec des matières végétales autres que les textiles proprement dits. Un fabrique ainsi des cbapeaux de paille,’ des cbaussures tressées, des nattes, des paillassons, des corbeilles, des paniers, des sacs d’emballage aux colonies, des voiles de vaisseaux en Chine, et une multitude d’articles qui alimentent le commerce de la vannerie et de la sparterie. Si le rôle de ces produits dans riiabillement est de nos jours assez restreint, c’est que les tissus les remplacent avec avantage. Mais, avant le large emploi des textiles, on dut partout avoir recours à des nattes. C’est ce que rappelle un vers de Lucrèce, écho d’antiques traditions :
« Nexilis ante fuit vestis quam textile teginen
Quand les besoins accrus ne se contentèrent plus de vêtements tressés ou nattés, aisés à faire, mais médiocrement conl'ortables et de peu d’usage, on s’elforça de confectionner avec des textiles filés des tissus plus chauds et plus résistants. On y parvint par l’invention du tissage.
Les premiers essais pour entre-croiser des (ils en tissu se firent sans doute avec des aiguilles d’os ou de corne, engin primitif que possèdent beaucoup de peuples sauvages et dont on a trouvé de nombreux spécimens dans les stations [irébistoriques, à partir de l’époque magdalénienneL Le travail du tissage ressemblait alors aux reprises que font les couturières avec des fils entre-croisés. Toutefois ce n’était là qu’une indication initiale, car la lenteur du procédé n’aurait permis de l’utiliser que par exception. Un inventeur de génie imagina de rendre rartidee plus expéditif à l’aide d’un double cadre où, la moitié des fils dont doit se composer le tissu étant préalablement tendus dans des directions parallèles, il ne restait plus qu’a