I. De Foville, La France économique, p
HISTOIUE DU AIETIEU A TlSSEll
SSooo ouvriers, préparations comprises, et constituant un chiffre d’aflaires annuel de plus de 200 millions de francs ‘ Le métier automoteur a été aisément appliqué au tissage des laines ; mais le métier à bras s’est en .partie maintenu dans celui des soieries, à raison de sa délicatesse plus grande, de la complexité du travail et de la valeur des produits-..
Pour la confection des tissus brochés, le métier de Jacquard a procuré des avantages analogues à ceux dont la confection des tissus unis était redevable au métier d’Arlcwright. La première idée du métier à brocher avait été conçue par Vaucanson ; mais, malgré sa remarquable ingéniosité, il ne réussit pas à rendre le mécanisme pratique. La machine présentée à l’exposition de 1801, par l’illustre artisan de Lyon, réussit à résoudre le problème et marque un progrès signalé dans l’bistoire des procédés de tissage, en ce qu’elle donne la facilité d’orner les tissus, dans la trame même, de toutes sortes de dessins. Construit en vue du tissage de la soie, le métier Jacquard se prête également à celui du coton, de la laine et du lin. On a cherché a simplifier, par rem[)loi de l’électricité, la disposition compliquée des cartons qu'exige ce métier. Le type du métier électrique, inventé par Bonnelli, a été perfectionné par Froment et fonctionne en Angleterre. Enfin, une modification du métier Jacquard, imaginée par i\[. Durand, l’a rendu propre à opérer le tissage des châles.
D’autres métiers, d’un usage plus spécial, servent à fabriquer les tiicots, les filets de peche, les tulles, etc. Nous en parlerons plus loin à propos de ces modes particuliers de tissage.
1. Henry Dcchcletlc, Rapport du jury international de l'exposition unwerselle de 1900: « Fils et tissus de coton. » — Le nombre global des métiers h tisser le coton s’élèverait à 2 millions, et l’on compterait, pour les autres matières tc.xtilcs, 700000 métiers à tisser dans le monde entier, d après le Textile Mercury, cité par le Moniteur des fils et tissus (a3 septembre 1902).
2. De meme dans l’industrie linièro où, on 1900, l’on comptait encore 20000 métiers à la main contre 22000 métiers mécaniques. Edmond Fauebeur. Rapport du jury international de l'exposition universelle de 1900: « l'ilsot tissus de lin, de cbanvro, etc. »
CIIAPITHE II
TYPES GÉiSÉnAUX DE TISSUS
Par le moyen du métier, tous les textiles jæuvcnt se transformer en tissus. INous avons ;'i examiner les principaux groupes de ces ])roduits el à donner quelcpies indications sur leur histoire.
Considérons d’abord les tissus de laine, à raison de- l’ancienneté comme de l’importance de leur usage. Pien que leur fabrication soit très variée, ils se laissent ré])artiren deux classes qui sont: les tissus foulés, dont le dra[) est le type, el les tissus ras.
Dans le principe, les étolfes, faites avec des laines de médiocre qualité, mal cardées cl grossièrement (ilées, devaient avoir une texture assez lâche. On apprit à les resserrer el à Iqur donner plus de force par l’opération du qui, déterminant
un retrait ou rentree dans le tissu, réduit sa longueurd’environ un tiers, sa largeur de près de moitié el le rend ainsi plus corsé. Cette découverte, que les Crées attribuaient à ÎSicias de Mégare, vers le temps de la guerre de Troie, devait être immémoriale en Asie, berceau de l’industrie pastorale, et résulta sans doute de l’observation des [ircmiers lavages. Home avait une coi’poralion de foulons dès l’époque tle Numa*. Ils étaient chargés de blanchir périodiquement les étoiles de laine, el, comme l’indique le sens du mot foulon, ils exécutaient leur