MATIÈRES PREMIÈRES DE L’HABILLEMENT
Les subslances propres à vêlir l’homme n’abondenl pas dans la nalurc, car, pour remplir cet olLice, elles doivent ollrir un ensemble de qualités spéciales assez peu communes. Il importe d’abord qu’elles soient mauvaises conductrices de la chaleur, c’est-à-dire sulBsamment isolantes pour conserver au corps sa température propre et le soustraire à l’inflnence directe des variations de l’atmosphère. Il convient en outre qu’elles soient souples pour se modeler sur l’organisme, se plier à ses mouvements et l’envelopper sans le gêner. Enfin, elles devaient avoir assez de force de résistance pour payer par un long usage la peine de les produire et de les élaborer. Ces conditions, qui ne se rencontrent réunies que par exception, excluaient la presque totalité des substances minérales et bornaient les choix à quelques productions des deux règnes organiques, telles que les peaux des mammifères, les toisons des espèces lanigères, la soie de quelques insectes fileurs, et des fibres ou des bourres végétales.
Tous ces matériaux ont été exploités dans l’ordre indiqué par les dilficultés de leur appropriation, de leur production et de leur mise en œuvre. On peut, à cet égard, distinguer assez nettement cinq époques qui correspondent aux phases principales de la civilisation : — Tant que dura l’état de nature, l’homme, réduit au régime animal de la quête et de la cueillette, dut vivre dans une absolue nudité, comme toutes les familles de singes, car il ne disposait que d’inutiles feuillages et de la dépouille de petites proies, impropres à le vêtir. — Lorsque, ensuite, grâce à l’invention d’armes et de procédés de chasse.
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MATIKHES l’HEMlÈlŒS DE l/ll MULEEMENT
s’élahlil le régime clépréclaleur, le sauvage, ayanl appris à défaire les grands animaux, s’habilla de leur peau après s’ètre re[)u de leur chair. — Plus lard encoae, le régime pastoral, en soulueltant cl on mulli[)liant des lrou|)eaux à l’étal domestique, conduisit l'homme à faire, par une exploitation plus habile, la récolte annuelle de toisons que les artifices de la tilalure et du tissage transformèrent en étoilés supérieures aux peaux des liuives. — A ces ressources précieuses, mais dont l’abondance était limitée. Page agricole vint ajouter les ressources indéfinies de textiles végétaux, plus faciles à produire. — De nos jours enfin, avec un régime industriel et commercial, il devient possible d’utiliser une foule de substances, de les recueillir partout où la civilisation les propage, et de les répartir sous forme d’articles de consommation partout où le besoin les réclame.
Faisons un rapide inventaire de ces éléments de richesse.
CHAPIïRiï PREMIER