‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 74 sur 232 · Pholius, Cod., 2"i · texte numérisé non relu

Pholius, Cod., 2"i

3. V. Mongez, Recherches sur les vêlements, p. 2(10. 4’ V. Quichcrat, Ilist. du costume en France, p. 05. p. Ilist, eççiésiast, des trancs, II, 3i,

TÏPIÎS SPÉCI.VrX DE TISSUS

delapisscrie, dont 12000 brochées d’or. On allnbue à Charles Marlcl l’élablissenicnt de celte industrie en France. Le vainqueur des Sarrazins aurait transporté à Aubusson ceux de ses prisonniers qui connaissaient ce genre de travail. Auxerre et Poitiers avaieni, au i.x“ siècle, des ouvriers habiles à lisser des tapisseries. Lors des premières croisades, le luxe de ces opulentes tentures, admirées en Orient, passa des églises dans les châteaux. Leur vogue devint hienlôl générale pour cacher, dans les habitations seigneuriales, la nudité de parois qu on na^ait pas, comme les anciens, la ressource de peindre à fresque et qui n’étaient d’ordinaire couvertes que d’un simple badigeon. Jusqu’à la Renaissance, cet art de la tapisserie 1 emporia sur tous les autres genres de peinture, par l’importance comme parla variété des compositions.

Les manulaclures de tapisserie des b landres jouirent les premières d’une grande célébrité. Arras était le centre de cette làbrication, et peut-être faudrait-il faire remonter sa renommée industrielle jusqu’à l’époque gallo-romaine, car il y est fait allusion par un des auteurs de Vllislotre Auguste'. Au xiv® siècle, les tapis d’Arras étaient les plus estimés. Ils portaient en Italie le nom d’arazzi qui s’est maintenu pour désigner en italien cette classe de produits. Leur réputation s’étendait jusqu’en Orient, et, lorsque, en lopti, le duc Jean de A'cversful fait prisonnier par le sultan Bajazel, il acquitta une partie de sa rançon avec des tapisseries d’Arras. A la même époque, Florence et Venise lissaient des lapis où l’or et la soie se mariaient à la laine. Au commencement du xvi® siècle, les ateliers de Bruxelles étaient le mieux organisés pour le travail des tapisseries, et c’est là que furent exécutés les célèbres cartons de Raphaël.

Ftienne Boileau mentionne à Paris, dans son Livre des métiers, la corporation des « faiseurs de lapis sarrazinois », à laquelle se joignit bientôt celle des « haut-tissiers ». La Taille de Paris pour 1292 compte 24 « lapiciers de tapiz sarrazinois ». L’inventaire dressé à la fin du règne de Charles V (iSyg-iSSo) contient la description de 33 « tapis à images », destinés à

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