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I. Trebcllius Pollion, Les deux CÊallicns

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MODES I>E TISSAGE

orner les parois des apparlemcnls du palais, el note i3o tapisseries à armoiries, plus d’innombrables tapis velus. D’après l’inventaire du duc de Bourgogne, fait à Dijon en i/iao, le garde-meuble de Pbilippe le Bon contenait une splendide collection de tapisseries, la plus ricbe du temps. Au xiv® siècle, alors cpie la fabrication était industrielle el courante, les verdures communes se vendaient i6 sous l’aune ; mais les tapis bistoriés, tissus d’or, valaient p livres i‘i sous l’aune (710 francs, valeur actuelle'). Certaines tapisseries, plus délicatement ouvragées, se vendaient jusqu’à 900 el même i 200 livres, somme énorme pour le temps.

Aux XV® et XVI® siècles, le travail de la tapisserie se perfectionna et devint, pour la diversité des teintes et le fini du détail, lin art véritable, rival de la peinture à l’iiuile. François l®’’ établit à Fontainebleau une fabrique où, au lieu de tisser à part, comme on avait fait jusqu’alors, des fragments que la couture raccordait ensuite jilus ou moins mal, le tissu entier ne Ibrmait qu’une seule pièce. Henri II, puis Henri IV londerent a Paris de nouvelles manufactures. Enfin Colbert institua, d’abord à Beauvais, puis bientôt après aux Gobelins, des fabriques célèbres de tapisseries. I.c dernier de ces établissements maintient encore, aux frais de l’État, les traditions artistiques d’une industrie si longtemps glorieuse et maintenant ])rcsquc abandonnée, parce cpiela eberté de ces produits de grand luxe n est plus en rapport avec les conditions économiques des sociétés contemporaines.

Depuis un siècle, en cllel, l’emploi des tapis de tenture a été, pour la décoration des appartements, remplacé par celui des papiers peints, infiniment moins dispendieux et faciles à renouveler. Mais, si la fabrication à la main des tapisseries bistoriées a presque complètement disparu, celle des lapis de jiied ou d’ameublement, qui peut se laire à la mécanique, s est développée avec une activité croissante. L’industrie, sollicitée par de nouvelles exigences de confort, a transformé sa production en ce sens. L’usage des tapis, immémorial en Asie, même chez des

I, Müntz, La Tapisserie, p. 119.

TYPES SPÉCIA.UX DE TISSUS

peuples barbares, et resté commun parmi eux, fut toujours exceptionnel en Europe. Les Grecs et les Romains en couvraient leurs lits de table. Horace les mentionne’ et Catulle en pare la couche nuptiale deïbétisL Mais les anciens ne paraissent pas s’ètrc avisés d’étendre des tapis sur le sol de leurs habitations, le climatleur en faisant moins qu’à nous sentir le besoin. En France, aux xii® et xiiF siècles, la coutume était de joncher de paille en hiver le parquet des appartements et les cbamlires mêmes des palais des rois. Le luxe dos tapis s introduisit en Occident vers la fin du moyen Age. Au commencement duxvm" siècle, la Franco entreprit de fabriquer des tapis de pied « façon de Turquie ». Le nom do mofjaelle, donné à la classe la plus distinguée de ces produits, rappelle celui de Dmnos (en arabe Diinock on Dimack, au moyen Age Mo/iarfe, Kamokal). iNous avons aisément dépassé l’Orient comme travail industriel, mais sans pouvoir rivaliser avec lui pour l’harmonie des couleurs. Peu importante en Europe il y a un siècle, la fabrication des tapis de pied a pris une extension rapide, et leur usage, naguère aristocratique, fait maintenant partie du confortable le plus vulgaire, ce qui témoigne d’un niveau supérieur d’aisance et de bien-être.

Le tricot est un mode très original de tissage où le tissu, au lieu de résulter de l’entre-croisement des fils de la chaîne et de ceux de la trame, provient d’un fd unique, enroulé sur lui-^ môme à l’aide d’aiguilles, de manière à former un système continu de mailles. On obtient ainsi, non plus des bandes longitudinales d’étoffe, mais des pièces circulaires, élastiques et sans couture, qui se moulent sur les différentes parties du corps, avantages précieux pour une foule d’usages.

Cet artifice ingénieux, cas particulier du c( polygone funiculaire », semble avoir été très anciennement connu et remonte peut-être jusqu’à la phase pastorale, où les bergers, pour occuper leurs loisirs, s’amusaient, comme font encore ceux des

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