‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 79 sur 232 · Deipnos., XII, 54i · texte numérisé non relu

Deipnos., XII, 54i

TYPES SPÉCIAUX DE TISSUS

d’œuvre industriel, objet d’art et relique sacrée, vint en la possession de Denys l’ancien, roi de Syracuse, et fut vendu par lui 1 20 talents (660 000 francs)aux Carthaginois qui e firent figurer dans une collection de pépia. A la chute de Carthage, les Honiains ornèrent unde leurs temples de ce magnifique trojihée. \ opisque parle encore d’un manteau de pourpre offert à Aurélien par le roi de Perse, « qui l’avait fait venir du fond de rinde », et qu’on présume avoir été un chàle

Tnconnus durant tout le moyen âge en Europe, quelc[ues châles y réapparurent dans les temps modernes, comme faisant partie de cadeaux envoyés par des souverains d’Asie ; mais ils étaient accueillis à titre de singularité sans emploi dans le costume, dont la disposition, aux xvn“ et xviiP siècles, ne se prêtait guère à les admettre. En 1788, Legoux de Elaix ayant importe quelques châles de l’Inde à A ersailles, les dames de la cour, ne sachant comment s’en servir, les coupèrent et en firent des jupes. La vogue de ces tissus exotiques s’établit soudainement à la suite de l’expédition de Bonaparte en figypte (1798- ^799)' plupart des Alamelucks s’en faisaient des turbans ou des ceintures. Ceux que lesolliciers français rapportèrent, tachés de sang, excitèrent entre les femmes à la mode des convoitises ardentes. « On citait, dit malignement un auteur du temps, des cachemires qui avaient coûté des sommes prodigieuses, et même encore plus-. » L’industrie, toujours empressée à satislaire les engouements des classes riches, ne tarda pas à imiter les tissus hindous que le commerce ne pouvait pas procurer avec assez d’abondance. On doit à Bellangé (1801), puis à 'l'ernaux, les premiers essais d’une fabrication qui, en peu d’années, dépassa les immuables procédés de l’Inde. A’os constructeurs réussirent a faire exécuter rapidement par des machines un travail où s’épuisent la patience et la dextérité des artisans de Cachemire. A leur méthode, imparfaite et lente, à\x spoulissa(je, qui consiste a laire séparément, an crochet, une multitude de petites pièces, assorties d’après un dessin d’ensemble et reliées

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