Journal de l’Estoile, juillet
2. II. Havard, Diclionn. de l’ameuhlem., art. « Dentelle » d. Mémoires, 170.',, t. III, p. i3o.
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MODES DE TISSUS
le plus de la toile d’araignée, se fait sur une sorte de métier à bas, imaginé en 1799 par John Lindley, de ÎSottingham, puis perfectionné par Ileathcoat en 1809 et par Lcavers en 1812. Leurs inventions réduisirent à un quarantième le prix de revient de ce produit qui n’était coûteux que par la façon. partir de i84o, l’application du métier Jacquard donne le moyen de fabriquer du tulle brodé, de reproduire les dentelles et guipures, et d’obtenir les dessins les plus variés. iNottingham, centre de cette industrie en Angleterre, comptait, en 1860, environ 5 000 métiers à fabriquer la dentelle mécanique, et sa production était évaluée à 5o millions de francs. Pendant la période de 1879 à i883, Saint-Pierre-lès-Calais livrait annuellement pour 120 millions de francs de tulles et d’imitations de dentelles. Malgré les crises que subit cette industrie, on évalue la production annuelle de la France entre Go et 80 millions.
En 1900, les exportations françaises de tulles, d’imitations de dentelles et de guipures étaient estimées à 70 millions et demi de francs environ '.
Mentionnons encore la broderie blanche, sur toile fine (batiste ou mousseline), où l’on s’etlorcc d imiter en relief les effets de la dentelle par le procédé de la tapisserie à l’aiguille. Ce genre de travail, imaginé en Saxe vers le milieu du xviiP siècle, sert de distraction ou de gagne-pain à un certain nombre de femmes.
D’après une statistique officielle, dressée en i85i, la confection des dentelles et des blondes occupait alors en Europe 535 000 ouvrières, et celle des broderies 56oooo, soit en tout près de i 100000 femmes dont le travail ne servait qu à en parer d’autres
Quoique voisins des dentelles par le principe de leur fabricatimi, les filets de corde s’en éloignent tellement par leurs
I. Henri Hénon, Rapport du jury international de l’exposition universelle de 1000 ; « Dentelles, brocheries et passementeries. »
a Depuis ce temps, la concurrence des dentelles à la mécanique et surtou le nouveau régime scolaire ont gravement compromis cette industrie, surtout en France. On comptait, en i85i,dansle seul Calvados, 5o 000 dentellières , on en trouverait à peine i 000 aujourd’hui (Fernand Engerand, Revue des Deux Mondes, i" août 1900).