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usages que nous devons nous borner à les indiquer. La plupart des peuples adonnés à la pêche ont connu, dès une haute antiquité, la confection des filets, employés également pour la chasse des fauves et la capture des oiseaux. Des combinaisons ingénieuses de noeuds ont été trouvées pour tresser ces engins. Notre âge a su rendre mécanique leur fabrication si longtemps manuelle. La première machine à faire les filets de pêche fut inventée par Jacquard, dont le brevet porte la date de 1806. Depuis lors jusqu’en 1867, quarante brevets ont été pris, par vingt-neuf inventeurs différents, pour ce même genre de travail ‘. La France iiroduit par an pour 12 millions de filets de pêche ; mais les peuples pêcheurs, comme l’Angleterre, la Scandinavie et les Etats-Unis, ont un chiffre de production bien plus élevé.
Des réseaux analogues aux filets, mais plus délicatement ouvragés, ont parfois figuré dans le costume. Tel était le reticuluni dont se coiffaient les dames romaines ", et qui est représenté sur plusieurs statues antiques (l'Érato du musée du Louvre, V Agrippine du musée de Naples, etc.). On le retrouve dans la résille espagnole et le filet de cheveux de nos jeunes filles. Le même artifice de tissage est encore usité pour faire des lacis, des franges, des bourses, des sacs, et beaucoup d’autres petits articles.
Disons, pour terminer, quelques mots d’un genre très spécial de fabrication par lequel certains textiles sont transformés directement en tissus sans avoir été préalablement convertis en fils, procédé qui porte le nom de feutrage. On utilise ainsi 1 aptitude qu’ont les poils des animaux à s’entre-croiser et à se lier quand on les presse ou quand on les foule, et l’on obtient par cette méthode l’équivalent d’une étoffe plus économique mais moins résistante. Une foule de peuples anciens, familiers avec l’élaboration des laines, ont connu la préparation et fait un large emploi des feutres. Hérodote'^ et Hippocrate* disent que
I. Rapports du jury international sur l’exposition de 1867, t. VIII, p. 37a.