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APPRÊTS DES TISSUS

se prête à une multitude d’apprêts qui opèrent, dans les dérivés de ce textile, des transformations véritables. On peut, en effet, au moyen de brosses métalliques, tirer en dehors une partie des fibres, et donner à un produit uni l’aspect pelucheux d’un molleton. Le drap de coton, ainsi traité, a l’apparence d’un drap de laine. Soumis à une sorte de pilonnage, le colon imite l’éclat et jusqu’au cri de la soie...

Les tissus de soie comportent des apprêts spéciaux, tels que le gaufrage, qui incruste en saillie ou en creux un dessin gravé sur un cylindre, et le moirage, qui écrase partiellement la trame, de manière à faire jouer la lumière par ondes sur des surfaces réfléchissantes inégalement inclinées.

Aux tissus usuels, recommandables à tant de litres, qui remplissent la fonction de vêtements, une qualité fait généralement défaut, dont les avantages seraient de l’utilité la plus grande dans les régions à climat pluvieux, l’imperméabilité. Le vêtement idéal devrait en effet abriter de la pluie, comme il préserve du froid ou du rayonnement solaire. Or, les textiles végétaux s’humectent facilement, et les textiles animaux se mouillent par capillarité. On a essayé de remédier à cet inconvénient par des artifices hydrofuges.

L’expédient le plus simple et le plus anciennement employé consiste à imprégner de corps gras les tissus qu’on veut soustraire aux effets de l’humectation. Le droguet, souvent mal dégraissé des paysans, suffit à les garantir d’une averse. Les Chinois ont coutume d’huiler légèrement leurs vêtements, afin qu’ils soient moins aisément traversés par la pluie. Avec du papier huilé, ils se font des manteaux et des parapluies. En Europe, on a préféré des enduits. Dès le moyen âge, on se servait de toiles cirées, c’est-à-dire enduites de cire, pour garnir les châssis des fenêtres, avant que le verre fût communément employé. Nos toiles actuelles, dites c/re'ex par tradition, subissent une préparation beaucoup plus complexe. Les plus grossières, utilisées pour emballages, couvertures de chariots, etc., sont enduites d’un vernis noir où entrent du goudron, de la résine, de 1 huile siccative, de la gélatine ou du savon altéré par l’alun.

MODES DE TISSUS

Klles étaient connues au commencement du xvii® siècle, Les plus fines, d’origine récente, servent comme dessus de table, tapis, tenture, etc. Le taffetas gommé est enduit de colle de poisson dissoute dans de la teinture de benjoin.

Le caoutchouc, par sa souplesse et son élasticité, est surtout précieux pour imperméabiliser les tissus. On le dépose en couche mince sur une face ou entre deux doubles, après l’avoir fait dissoudre dans des huiles minérales. Cette fabrication, établie vers i835, à Manchester, par Mackintosh et Hancock, a vu rapidement se vulgariser ses produits. Toutefois, ce n’est encore là qu’une solution imparfaite, car, si l’étoffe caoutchoutée arrête l’eau, elle empêche aussi la circulation de l’air et gêne l’évaporation cutanée, condition contraire aux exigences de l’hygiène. L’idéal serait de rendre les tissus imperméables à l’eau, sans qu’ils cessent d’être perméables à l’air. Le progrès industriel qui réaliserait ce résultat à peu de frais serait pour les classes laborieuses, exposées aux intempéries, un service signalé et supprimerait une des causes les plus fréquentes d’indispositions et de maladies. On a proposé divers expédients, comme d’imprégner les tissus de composés chimiques ayant peu d’affinité pour l’eau, tels que des solutions de savon et d’alun, de savon et de sulfate de fer ou de cuivre, un bain d’acétate d’alumine, etc. Depuis i884, le gouvernement belge fait soumettre à ce dernier mode de traitement les habillements des soldats. Mais aucun procédé ne s’est encore généralisé dans la pratique.

Ln autre inconvénient auquel il importerait d’obvier résulte de la combustibilité des tissus légers qui entrent dans la toilette des femmes, et spécialement des toiles fines, gazes et mousselines. Pour les empêcher de flamber et prévenir les douloureux accidents qui, en Angleterre, ont, de i852 à i856, occasionné la mort de 5oo personnes, brûlées vives dans un affreux supplice, il suffirait de tremper ces tissus, au moment du repassage, dans une solution de tungstate de soude ou de phosphate d’ammoniaque.

Journal de J. lléroard, l. tl, p. 2o5.

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