Cari Lumholtz, Chez les Cannibales
4. Forsler, Observations faites dans un voyage autour du monde, p. 588.
APPLICATION DES COULEL’RS A l'hABILLEMENT
et les mots qui s’y rapportent dans nos langues dérivent de celui de lalou, emprunté à l’idiome de Taïti. A la Nouvelle-Zélande, des tatouages compliqués tenaient lieu d’écriture, d’armoiries, d’histoire, d’insignes honorifiques et de signalement. Ces illustratioiis gravées sur la peau, auxquelles les Maoris donnaient le nom de moJws, rappelaient l’origine des chefs et racontaient symboliquement leurs exploits. « Les Aitiens... étaient persuadés qu’une femme qui n’était pas tatouée d’une manière orthodoxe pendant sa vie, n’avait pas de bonheur à espérer après sa mort. Cette idée curieuse se rencontre aussi chez les Esquimaux. Hall nous dit qu’ils se tatouent par principe, croyant que les lignes faites de la sorte passeront, dans l’autre monde, pour un signe d’honnêteté'. »
On trouve, chez la plupart des peuples d’Asie et d'Europe, soit des mentions historiques, .soit des vestiges persistants de tatouage qui obligent d’admettre la grande extension et l’immémoriale antiquité de son emploi, üans le Lévitique, Jéhovah interdit aux Hébreux « de se faire des incisions en signe de deuil et de s’imprimer des caractères sur le corps - ». Au tombeau des rois, à Bihan-cl-Moloiik, monument antérieur au xvi“ siècle avant notre ère, on voit la représentation d’un homme de race blanche tatoué sur les bras et sur les cuisses". Hérodote rapporte que, chez les Grecs du temps d’Homère, le tatouage était usité en signe de consécration Il dit qu’au Nord de la Grèce, les 'l'hraces se faisaient des stigmates décoratifs", cl les femmes mêmes étaient tatouées en commémoration du meurtre d’Orphée®, l’omponius Mêla signale l’habitude du tatouage comme générale parmi les peuples établis sur les bords du l’onl-Euxiii IMine mentionne une coutume pareille chez les Daces et les Sarmates®. Les Bretons, non contents de se colorier l’épiderme avec du pas-