llisl. liât., XXII
COLORIAGES, TATOUAGES, FARDS, TEINTURES
Ici, SC gravaient plus profondément, avec la même substance, des dessins de fleurs, d’animaux et d’autres figures que Tcrtullien appelle « Brilannoram sUijmala ». Le nom de Brciz, pai’ lequel les Bretons désignent encore la Bretagne, a le sens de lâcheté ou laloiic. Enfin les Germains n’ignoraient pas cet artifice. Sidoine Apollinaire décrit à la. cour des rois Visigoths de Toulouse «rilérule aux joues tatouées de bleu ».
La pratique du tatouage existait même chez les Gréco-Romains de la période classique, mais elle n’avait plus rien de décoratif, comme l’indique le sens défavorable du mot slicjmale, qui nous vient d’eux. En Grèce, on imprimait sur le front des esclaves lugitifs et des prisonniers des dessins destinés à servir de signalement, afin qu’on pût les reconnaître et les ressaisir' j chez nous-mêmes, la marque, naguère encore, était imprimée au fer rouge sur l’éi^aule des forçats. Lorsque les malbcureux, bumiliés de présenter à tout venant sur le front ces stigmates de honte, essayaient de les cacher en ramenant leurs cheveux, les maîtres impitoyables leur faisaient raser la tête h A Rome, sous l’Empire, la coutume s’établit de graver en points ineffaçables, sur le dos de la main des soldats, des marques correspondant à leur numéro d’immatriculation h De même cncoie, on marquait au bras ou sur la main les ouvriers d’Etat (monnayeurs, armuriers. . .), en leurimprimant, par un stigmate, le nom de l’empereur, pour les empêcher de s’enfuir*.
De nos jours, les memhres des tribus arabes ou kabyles du Nord de l’Afrique se reconnaissent au moyen de signes gravés sur le front ou sur les tempes. Buckle rapporte qu’à la fin du xvu<= siècle, comme il n’y avait pas en Irlande de registres de 1 état civil, les parents faisaient souvent inscrire les noms et 1 âge des enfants sur leurs bras, avec de la poudre à canon En Europe, le tatouage sur diverses parties du corps, mais particulièrement sur les bras ou sur la poitrine, n’est guère usité de nos