Histoire de la cirilisalion en Angleterre, t. I, ch
Bourdeau. — Habillement.
VI, p. 833, note.
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jours quo dans les c'iasscs inl'éricurcs, ouvriers, soldais, malelols, criminels el prosliluccs, qui aiment, par atavisme, à s’illustrer de devises, ligures el sj’mboles. Des indiscrels racontenl qu’après son élévalion au Irône, liernadolle ne voulul jamais se résoudre à souffrir la saignée, de peur de laisser voir sur son bras une devise républicaine d’ancien soldai qui aurait été compromellanle pour une Majesté. Les Japonais sont le seul peuple policé chez lequel le tatouage ait conservé jusqu’à nous sa primitive importance. Dans l’empire du Soleil levant, la plupart des gens adonnés à de basses occupations, porteurs, coureurs, portefaix, traîneurs de voilures, etc., d’ordinaire peu vêtus, se faisaient naguère, pour dissimuler leur nudité, couvrir les bras, le tronc et les jambes, mais non le visage, les mains elles pieds, d’un tatouage ornemental et pittoresque appelé « chemise de chair » (m'/vi no jihan). Le motif, capricieusement choisi (animaux fantastiques, oiseaux. Heurs, scènes militaires, velemenls simulés, etc.), variait selon la profession, le goût du porteur ou la fantaisie de l’artiste. Celui-ci gravait en quelques heures les dessins les plus compliqués, à l’aide d’au moins 200000 piqiires mises en couleur par l’encre de Chine, qui paraît bleue sous la peau, ou par le vermillon. Mais, depuis une date récente, le tatouage a été formellement interdit au .lapon, comme un reste de baiLarie, par un gouvernement Iroj) pressé peul-ètre d’imiter en tout la civilisation européenne.
Le goût des bariolages do couleur appliqués sur la peau n’est pas autant qu’on pourrait le croire, particulier aux populations sauva^^es; on le retrouve, non moins prononcé, chez la plupart des ciCdisés qui en ont seulement perfectionné les arlHices sous lormc de fards. Les peuples mêmes à ipii une industrie avancée offrait le moyen de satisfaire parla teinture el le flisle des vêlements le penchant inné à se parer de couleurs brillantes, n ont pas laissé de peindre les parties du corps que le costume laissait à découvert. , , r
La mode des fards est aussi ancienne que le désir des lemmes
de paraître belles et de réparer les irréparables outrages eu temps. L’auteur du livre cVÉnoch assure que, dès avant le
COLAUIAGES, TATOIAGES, FARDS, TEI\TURES
déluge, l’ange Azaliel avait appris Fart de sc farder aux fdles des liormues. En Égypte, l’emploi de substances colorantes dans la toilette était général. Les hommes se teignaient en noir les sourcils et le tour des yeux, afin d’atténuer l’éclat d’une lumière trop vive, cause fréquente d’ophtalmies, tandis que les femmes coloriaient de diverses façons leur visage, leurs mains, leurs ongles et leurs pieds. D’après la quantité des articles de toilette aflectes a cet usage qu’on a découverts dans les tombes féminines des temps pharaoniques, on peut croire que les Égyptiens ont, plus qu’aucun autre peuple de l’antiquité, fait enijiloi de lards. La base ce ces cosmétiques était une composition de sulfure d’antimoine, préparation dont le musée de (ibiseli possède de nombreux spécimens. On a également trouvé, dans les tombes de femmes appartenant à la plus vieille civilisation cbaldeenne (de /j a 3 ooo ans avant notre ère), des pains de couleur noire qui servaient à peindre les sourcils'.
Le même fard d’antimoine dont on usait en Égypte était recherché des femmes juives. Joh donne à une de ses filles le nom flatteur de « vase d’antimoine «ou de «potà mettre le fard - ». Isaie, dénombrant les atours dont il reproche l’abus aux filles de Sion, n’a garde d’omettre les aiguilles qu’elles employaient pour se teindre en noir les paupières". Lorsque Jésabel apprend laiiivéde Jehu au camp de Samarie, « elle se peint les yeux avec du lard », avant de sc présenter à Fusurpateurh Enfin, Jérémie, reprenant les jeunes Juives, leur dit ; « En vain vous vous peindrez le tour des yeux avec de l’antimoine ; vos amants vous mépriseront ’ », sans qu’il ait été bon prophètCcà cet égard, puisque la mode persista.
A re.xemplc do.s femmes d’Asie, les Grecques cherchèrent k se procurer, par l’emploi du fard d’antimoine, ces grands yeux (pi admirait l’antiquité. Homère donne à Minerve la qualifica-
1. G, Perrot, Ilisl. de l'arl dans iaiiiiq., l, tt, p. 35.',.