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Jérémie, iv, 3o

APPLICATION DES COULELTIS A l’hAIULLEMENT

tioii (le « déôssc niix yeux de bœuf* Le slibhim, qui en faisait de pareils, était réputéconime (( [(lopre à agrandir les yeux® ». Cette mode passa de la Crèce à Rome, ainsi qu’en témoignent Pline et JuvénaP. Après les prophètes hébreux et non moins inutilement, les Pères et les docteurs de Thiglise, déclarant la guerre au slihhim des païennes, voulurent en préserver les chrétiennes. Ilss’élèvcnt avec force contre l’antimoine qui leur semble un produit de l’enfer : « Oignez vos yeux, s’écrie saint Cyprien, non avec ce fard du démon, mais avec le collyre du Christ*. » Rien n’y lit, et l’usage diabolique continua d’être en honneur.

Les coquettes d’hiurope n’en ont même pas oublié la tradition ; mais elle s’est mieux encore perpétuée en Asie et dans l’Africpie du Nord. Les Arabes, les Persans, les Turcs, les Hindous, etc., font un emploi commun du sulfure d’antimoine, connu dans le monde musulman sous le nom de kohenl, pour teindre en noir les paupières. Les poètes orientaux le celebrent comme donnant aux femmes des (( yeux de gazelle » ; les médecins le préconisent à titre de préservatif contre les ophtalmies; enfin Mahomet en fait l’objet d’une prescription formelle, ainsi que de la teinture de hennch pour colorer en rouge orange les mains et les pieds. En conséquence, les Mauresques passent pieusement une partie de leur temps à se noircir les sourcils et les paupières, à se farder le visage et à se teindre les mains. C’est là pour elles une pratique dévote, une manière agréable de faire son salut.

La civilisation occidentale, toujours ingénieuse à féconder les inventions de l’Orient, ne tarda pas à imaginer des modes de coloration susceptibles d’applications plus variées. Elle trouva et mit en vogue deux fards nouveaux, le rouge et le blanc.

Le premier paraît avoir été très anciennement en usage chez les Crées. Les femmes le rccliercbaient afin de relever la pâleur de leur visage, due à la continuelle réclusion dans l’ombre du

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